Le séisme de magnitude 6 qui a frappé l’est de l’Afghanistan dans la nuit de dimanche à lundi a fait plus de 800 morts et 2 700 blessés, selon un nouveau bilan fourni par le gouvernement.
Des milliers de familles sont désormais sans toit dans l’est de l’Afghanistan. Plus de 800 personnes sont mortes et plus de 2 700 ont été blessées dans le pays dans la nuit de dimanche lors d’un séisme de magnitude 6 suivi d’au moins cinq répliques ressenties à des centaines de kilomètres, a annoncé lundi 1er septembre le gouvernement.
En rapportant ce nouveau bilan lors d’une conférence de presse à Kaboul, le porte-parole du gouvernement Zabihullah Mujahid a précisé que 800 morts et 2 500 blessés avaient été recensés dans la seule province de Kounar, ainsi que 12 morts et 255 blessés dans la province voisine de Nangahar.
L’épicentre du séisme, à seulement huit kilomètres de profondeur, a été localisé à 27 kilomètres de Jalalabad, chef-lieu de la province de Nangarhar, selon l’US Geological Survey.
Dans le seul village de Dar-e-Nour, le bureau de presse du gouverneur de Nangarhar avait fait état plus tôt de « neuf morts et 20 blessés ». Le bilan exact dans les autres villages que les autorités annoncent touchés n’est pas encore connu dans l’immédiat.
Recherches de nuit
Dans ces zones reculées et à la géographie accidentée, les autorités talibanes ont envoyé des hélicoptères pour tenter d’accélérer les opérations de sauvetage. Des équipes médicales ont ainsi été dépêchées de Jalalabad et de Kaboul.
Dans le district de Nourgal, probablement l’un des plus touchés de la province de Kounar, les longues secondes d’épouvante restent gravées dans la mémoire de la population. « Les pièces et les murs se sont effondrés sur les femmes et les enfants, certains ont été tués sur le coup, d’autres blessés », raconte à l’AFP Zafar Khan Gojar, 22 ans, tout juste transféré en hélicoptère avec son frère blessé à Jalalabad.
Dans le village de Wadir, des dizaines d’habitants des environs tentent toujours, malgré la nuit tombée depuis plusieurs heures, de déblayer les maisons écroulées pour retrouver les disparus.
À Mazar Dara, une autre petite localité, des familles mettent en terre des corps, parfois d’enfants, enveloppés dans un linceul blanc conformément au rite musulman.
Dès l’aube et jusqu’à la tombée de la nuit lundi, des hélicoptères ont décollé des dizaines de fois de Jalalabad pour acheminer de l’aide et évacuer des dizaines de morts et des blessés, selon le ministère de la Défense.
Le patron de l’Autorité de gestion des catastrophes de la province de Kounar, Ehsanullah Ehsan, prévient l’AFP : « Les recherches se poursuivent, beaucoup de gens sont coincés sous les décombres de leur maison donc nous ne pouvons pas donner de chiffre exact. »
Des familles de retour d’exil
« C’était terrifiant, les enfants et les femmes hurlaient », a dit à l’AFP Ijaz Ulhaq Yaad, un haut fonctionnaire de Nourgal joint au téléphone, une connexion qui tenait encore lundi soir. La plupart de ces familles, a-t-il poursuivi, venaient de rentrer en Afghanistan, chassées de leur exil pakistanais ou iranien par les récentes vagues d’expulsions des deux pays voisins, qui ont ensemble renvoyé près de quatre millions d’Afghans.
« Il y avait environ 2 000 familles de réfugiés qui étaient revenues et comptaient reconstruire leur foyer » dans cette région agricole, a-t-il expliqué. Par peur des répliques, « tout le monde reste dehors ».
Par ailleurs, les autorités, les secouristes et les médias ont beaucoup de difficultés à accéder aux villages et aux hameaux, des glissements de terrain ayant coupé des routes.
Des secousses ressenties à Kaboul
L’Afghanistan est fréquemment frappé par des tremblements de terre, en particulier dans la chaîne montagneuse de l’Hindou Kouch, près de la jonction des plaques tectoniques eurasienne et indienne.
Mais celui survenu au cœur de la nuit – suivi de cinq répliques, dont l’une de magnitude 5,2 – a été particulièrement violent.
Des journalistes de l’AFP ont ressenti les secousses à Kaboul pendant plusieurs secondes, ainsi qu’à Islamabad au Pakistan, à 370 kilomètres à vol d’oiseau.
La province de Nangarhar avait déjà été frappée la semaine passée par des crues subites qui avaient tué cinq personnes et provoqué des dégâts, détruisant des terres agricoles comme des zones résidentielles.
En octobre 2023, un séisme de magnitude 6,3, suivi de huit répliques, avait, selon l’ONU, fait plus de 1 500 morts et détruit plus de 63 000 habitations dans la province occidentale de Hérat.
Quelque 300 écoles ou centres d’enseignement avaient été détruits dans le tremblement de terre le plus meurtrier à avoir frappé ce pays, l’un des plus pauvres au monde, en plus de 25 ans.
France 24
