La Conférence des leaders de la CDS a livré un message fort, ce jeudi 10 juillet 2025, lors d’une conférence de presse à tonalité grave. Dans une déclaration liminaire dense et vigoureusement critique, la coalition d’opposition a dénoncé ce qu’elle considère comme une dérive autoritaire, économique et diplomatique inquiétante du régime actuel.
La CDS a fustigé une montée en puissance de la répression politique, marquée par des arrestations « arbitraires » de journalistes, d’opposants et de simples citoyens exprimant leurs opinions. Elle a exprimé son soutien aux personnes ciblées, notamment Badara Gadiaga, Madiambal Diagne, Bachir Fofana, Abdou Nguer, entre autres.
La coalition dénonce une justice à double vitesse, pointant du doigt une « reddition des comptes sélective », utilisée pour éliminer les adversaires politiques tout en épargnant les partisans du pouvoir.
La CDS n’a pas épargné Ousmane Sonko, qualifié de « provocateur », « méprisant » et « indigne de ses fonctions ». Elle critique son ton agressif, ses attaques contre la magistrature, ainsi que l’opacité de ses déplacements en jets privés, en contradiction avec les promesses faites lorsqu’il était dans l’opposition.
Le diagnostic économique dressé est sévère : chantier public à l’arrêt, entreprises de presse en difficulté, précarité croissante, suppression brutale des bourses de sécurité familiale, et qualité douteuse des semences agricoles. La CDS accuse l’exécutif de naviguer à vue, sans vision ni réformes structurantes.
Plus de 30 000 travailleurs publics auraient été licenciés pour des raisons politiques, selon la CDS, qui y voit une chasse à l’homme contraire à la neutralité de la fonction publique. Elle parle d’un « tri idéologique indigne », qui ébranle les principes d’équité et de justice.
Autre source de préoccupation : la perte d’influence du Sénégal sur la scène internationale. Jadis modèle démocratique, le pays serait désormais éclipsé dans les grandes décisions régionales, faute de vision diplomatique claire et cohérente.
En conclusion, la CDS a lancé un appel solennel à toutes les forces vives du pays : syndicats, jeunes, intellectuels, chefs religieux et coutumiers. Elle plaide pour un sursaut collectif afin de défendre les valeurs républicaines, dénoncer les dérives du pouvoir et exiger une gouvernance éthique, responsable et inclusive.
« Le Sénégal ne pliera pas. Il ne renoncera ni à sa dignité, ni à son idéal démocratique », a conclu la déclaration, dans un ton résolument engagé.

