On croit souvent qu’une monnaie nationale garantit une autonomie financière totale. Pourtant, le cas américain démontre exactement le contraire : même avec le dollar, les États-Unis dépendent fortement de l’épargne mondiale pour financer leurs déficits budgétaires.
En novembre 2025, les investisseurs étrangers détenaient 9 355,4 milliards de dollars de titres du Trésor américain (Treasuries).
Au taux d’environ 1 $ = 560 FCFA, cela représente près de 5 239 000 milliards FCFA.
Les 5 principaux pays créanciers des États-Unis (novembre 2025)
sont selon les statistiques officielles du Trésor américain :
- Japon : 1 202,6 Mds $ (≈ 673 000 Mds FCFA)
- Royaume-Uni : 888,5 Mds $ (≈ 498 000 Mds FCFA)
- Chine : 682,6 Mds $ (≈ 382 000 Mds FCFA)
- Belgique : 481,0 Mds $ (≈ 269 000 Mds FCFA)
- Canada : 472,2 Mds $ (≈ 264 000 Mds FCFA) La leçon :
S’endetter en monnaie souveraine réduit le risque de change, mais ne supprime jamais la contrainte fondamentale : il faut des acheteurs pour la dette publique. Les États-Unis empruntent au reste du monde parce que les investisseurs jugent leurs titres liquides, sûrs et crédibles.
Monnaie nationale ou monnaie communautaire, le véritable enjeu n’est pas la monnaie en elle-même, mais la discipline budgétaire, la crédibilité macroéconomique et la qualité de la gestion de la dette publique.
Pr Amath Ndiaye
FASEG-UCAD
