Le traditionnel Débat d’Orientation Budgétaire (DOB) s’est tenu ce samedi à l’Assemblée nationale. Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, accompagné de ses équipes, a présenté aux députés de la 15e législature le Document de Programmation Budgétaire et Économique Pluriannuelle (DPBEP) couvrant la période 2026–2028.
Ce rendez-vous annuel, pilier de la gouvernance budgétaire, intervient dans un contexte économique national marqué par un ralentissement des perspectives de croissance et une dégradation préoccupante des indicateurs financiers, comme l’a récemment révélé le rapport d’audit de la Cour des comptes sur la période 2019–mars 2024.
Croissance en baisse et finances sous tension
Le cadrage macroéconomique de 2025 a été révisé à la baisse, avec une croissance projetée à 8,0 %, contre une prévision initiale de 8,8 % en novembre 2024. Cette révision reflète, selon le ministère, « l’évolution de la conjoncture nationale et internationale », marquée par des tensions budgétaires accrues.
Le rapport de la Cour des comptes a mis en lumière une détérioration du niveau d’endettement et du déficit budgétaire, plaçant l’État face à l’urgence d’un réajustement stratégique. Le DPBEP 2026–2028 s’inscrit ainsi dans une logique de redressement et de maîtrise des équilibres budgétaires.
Un document aligné sur la Vision 2050 du Sénégal
Le ministre Cheikh Diba a souligné que cette programmation pluriannuelle est conçue en cohérence avec l’Agenda national de Transformation « Sénégal Vision 2050 » et sa déclinaison opérationnelle à moyen terme, la Stratégie nationale de Développement (SND) 2025–2029.
Pour la période 2026–2028, le gouvernement prévoit un niveau de dépenses global de 19 364,4 milliards FCFA contre 16 638,7 milliards FCFA de ressources, traduisant une volonté de rationalisation et de meilleure priorisation des projets publics, dans un cadre budgétaire toujours contraint.
Cinq axes pour une gestion budgétaire structurée
Le DPBEP se structure autour de cinq volets principaux :
- L’évolution et les perspectives économiques nationales et internationales ;
- L’analyse de la gestion des finances publiques en 2024 et 2025 ;
- Les orientations budgétaires pour la période 2026–2028 ;
- La situation financière des établissements publics ;
- La stratégie de gestion des risques budgétaires.
Le ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement à renforcer la transparence, restaurer la confiance des partenaires et réorienter les dépenses publiques vers les priorités nationales, notamment l’éducation, la santé, l’emploi des jeunes et les infrastructures productives.
