La Méditerranée centrale a une nouvelle fois été le théâtre d’un drame humain. Deux embarcations de fortune parties des côtes du nord-ouest de la Libye ont fait naufrage, mardi 12 août, à proximité de l’île italienne de Lampedusa. À bord : une centaine de migrants cherchant à rejoindre l’Europe.
Le bilan provisoire fait état de 27 morts, parmi lesquels un nouveau-né, environ 20 disparus et 61 survivants, secourus par les garde-côtes italiens et la police des douanes. Les rescapés, principalement des hommes originaires d’Égypte, du Pakistan, de Somalie et du Soudan, ont été transférés au centre d’accueil de Lampedusa, où ils reçoivent une assistance médicale, psychologique et culturelle.
Ce nouveau naufrage a suscité une vive émotion en Italie. La Première ministre Giorgia Meloni a exprimé sa « stupeur » et sa « compassion » sur le réseau social X, tout en réaffirmant son engagement à lutter contre les réseaux de passeurs.
Son ministre de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, a souligné la nécessité d’« empêcher, à partir des territoires d’origine, ces voyages dangereux ».
Mais ces déclarations ont rapidement été contestées par l’opposition, qui accuse le gouvernement Meloni de maintenir des « lois inhumaines ». Selon elle, ces politiques répressives empêchent des opérations de secours rapides et efficaces, contribuant à faire de la Méditerranée « un cimetière de migrants ».
Depuis le début de l’année, 38 324 migrants sont arrivés en Italie, un chiffre en légère hausse par rapport à la même période en 2024 (37 644). La Libye est redevenue la principale plateforme de départ, enregistrant une augmentation de 87 % par rapport à l’an dernier.
Ce drame vient une nouvelle fois rappeler la complexité du défi migratoire auquel l’Europe est confrontée : entre sécurisation des frontières, lutte contre les réseaux de trafiquants, et impératif humanitaire.

