Au Burkina Faso, depuis ce samedi 2 août, la station de radio privée Omega a cessé d’émettre, suite à une décision du Conseil supérieur de la communication. La station de radio a écopé d’une sanction, après une publication dans laquelle un journaliste a qualifié de « junte », les militaires au pouvoir à Ouagadougou. Le Conseil supérieur de la communication reproche à radio Omega « des propos malveillants et discourtois vis-à-vis des autorités burkinabè et de la Coordination nationale des associations de la veille citoyenne ».
À Ouagadougou, mercredi 30 juillet, lors d’une marche populaire exigeant la lumière sur la mort de l’influenceur Alino Faso, un journaliste de radio Omega a qualifié de « junte », le régime militaire en place, au Burkina.
Le reportage incriminé a aussitôt été supprimé des supports de radio Omega car contenant « des expressions inappropriées », selon la rédaction en chef de la radio qui souligne que l’article incriminé n’avait pas été « validé ».
Après l’audition des responsables de cette radio – très écoutée au Faso – l’instance de régulation des médias a estimé que radio Omega FM persistait dans la « négligence » et « le manque de professionnalisme », ce qui constitue une violation de l’article 7 de la Charte du journalisme burkinabè.
L’autorisation d’émettre de radio Omega est donc suspendue pour trois mois. La radio devra par ailleurs « présenter des excuses publiques à l’endroit des autorités burkinabè, des lecteurs et des auditeurs. »
Déjà, en aout 2023, sous le régime de transition de la junte militaire d’Ibrahim Traoré, Omega avait écopé d’une sanction similaire, à savoir une suspension, suite à une interview incriminant le sort réservé à l’ex-président, Mohamed Bazoum, par une autre junte, la junte militaire nigérienne.
RFI
