L’ancien président guinéen Alpha Condé a rejeté les résultats de l’élection présidentielle du 28 décembre, remportée selon les chiffres officiels par le chef de la transition, Mamadi Doumbouya.
Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, au lendemain de la proclamation des résultats officiels, Alpha Condé a vivement dénoncé le scrutin présidentiel du 28 décembre. La Direction générale des élections (DGE) a annoncé la victoire de Mamadi Doumbouya avec plus de 86 % des suffrages exprimés et un taux de participation de 80,95 %.
L’ex-chef de l’État a qualifié le vote de « mascarade électorale », affirmant qu’il a été massivement boycotté par la population. Il a salué ce qu’il considère comme un « acte de lucidité et de courage » des électeurs absents des urnes, estimant que le scrutin a été organisé par la junte issue du coup d’État du 5 septembre 2021.
Alpha Condé a également déclaré que Mamadi Doumbouya « ne sera jamais le président de la Guinée ». Il a dressé un tableau alarmant de la situation économique et sociale du pays, évoquant une crise de liquidités, un effondrement de l’économie nationale et une inflation qu’il attribue à l’émission excessive de monnaie.
Par ailleurs, l’ancien président a accusé les autorités de transition d’enrichissement illicite, de violations des droits humains et d’arrestations arbitraires visant ses anciens collaborateurs. Sur le plan des infrastructures et des ressources minières, il a revendiqué plusieurs projets structurants lancés sous son mandat, notamment la reprise du contrôle du gisement de fer de Simandou et d’importants chantiers routiers, ferroviaires et énergétiques. Il a reproché au pouvoir actuel l’annulation de certains projets stratégiques, dont le port en eau profonde de Moribaya.
Dans un appel adressé aux forces armées guinéennes, Alpha Condé a exhorté l’armée à faire un « choix historique » en se montrant loyale au peuple. Il a dénoncé un climat de peur marqué, selon lui, par des enlèvements, des assassinats et des disparitions.
En conclusion de son message, l’ancien président a appelé les Guinéens à ne pas renoncer à leurs droits et à leur dignité, estimant que l’année 2026 pourrait marquer un tournant majeur pour la Guinée.
Avec APA

