Le Front pour la Défense de la République (FDR) annonce la poursuite, dès la semaine prochaine, d’un vaste plan d’actions nationales visant à « organiser la mobilisation populaire » contre ce qu’il qualifie de choix destructeurs du régime actuel. L’organisation politique affirme vouloir déployer ses équipes dans toutes les régions du pays.
Selon le FDR, cette mobilisation serait devenue « impérative » afin d’éviter que la crise au sommet de l’État ne « dégénère ». Le mouvement pointe du doigt ce qu’il décrit comme une confrontation entre la Présidence et la Primature, une situation qu’il juge préjudiciable à la stabilité institutionnelle.
Pour le FDR, les tensions internes au sein de l’exécutif illustreraient « l’échec précoce d’un régime populiste dépourvu de perspectives ». Le mouvement estime que ce climat politique contribue à fragiliser davantage une économie déjà en difficulté.
Il cite notamment les retards de paiement des bourses étudiantes, les créances impayées dues aux entreprises de BTP ainsi que les difficultés rencontrées dans la campagne arachidière. Le FDR affirme que les dettes de l’État envers les opérateurs privés stockeurs freinent le démarrage de la campagne, exposant les producteurs à un bradage de leurs récoltes.
Les critiques économiques du FDR
Le mouvement accuse le gouvernement d’être incapable de faire face à ses obligations et s’inquiète de l’évolution des importations de céréales. Rappelant des données de l’ANSD, il affirme que les volumes ont atteint 2,74 millions de tonnes en 2024, puis 2,32 millions de tonnes dès septembre 2025, contre environ 2 millions en 2023. Selon le FDR, ces chiffres compromettraient l’objectif de souveraineté alimentaire.
Le front dénonce également les conditions de vie des populations, évoquant le maintien de prix élevés de l’énergie et du carburant malgré la baisse du prix du baril depuis 2024.
Tensions sociales : étudiants et syndicats en première ligne
Le mouvement revient par ailleurs sur les mouvements de grève dans les universités, où les étudiants réclament le paiement de leurs arriérés de bourses. Le FDR condamne la répression policière ainsi que les déclarations du Premier ministre, jugées provocatrices.
D’autres secteurs, notamment l’éducation, la santé et l’administration publique, seraient également en agitation, selon le mouvement, en raison de promesses gouvernementales non tenues.
Face à ce qu’il qualifie de situation « délétère », le FDR affirme que « l’heure est à l’action » et appelle à une synergie entre partis d’opposition et forces vives de la Nation. Le front estime urgent de « mettre fin » au régime du PASTEF, qu’il accuse d’entraîner le pays vers une « catastrophe annoncée ».
Auteur : Aliou Kane
