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Apprendre à démissionner doit être au cœur du système de management en Afrique.

Lorsqu’un cadre ou un responsable constate qu’il ne peut plus faire valoir ses idées, qu’il ne progresse plus et que le respect disparaît, la dignité commande de partir.

Démissionner, c’est faire preuve de maturité, de courage et de foi.

C’est un saut dans l’inconnu, mais un saut guidé par la conscience et l’honneur.

Dans ma propre trajectoire, à la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), en 2003, à l’époque où le président de l’institution allait devenir plus tard président de la République du Bénin, j’avais choisi de partir, non seulement pour des raisons de manque de respect notoire, mais aussi par désaccord profond avec les comportements et les méthodes de ce premier responsable.

À l’époque, plusieurs collègues cherchaient à me convaincre de revenir sur ma décision, en me répétant :

« Faites attention, vous ne trouverez pas mieux. »

Mais l’histoire avait tranché.

Dans l’institution où j’ai ensuite atterri, mon salaire avait été multiplié par trois et demi, avec des conditions professionnelles de travail beaucoup plus saines et stimulantes.

Cette expérience m’a définitivement appris que la dignité et la foi attirent toujours la grâce divine, et que savoir partir au bon moment est souvent la clé de l’élévation.

Trop souvent en Afrique, des responsables, même lorsqu’ils sont désavoués, contestés ou épuisés par le système, s’accrochent à leurs fonctions.

Par peur de perdre leurs privilèges, ils se résignent à des environnements qu’ils n’estiment plus.

Or, persister dans un cadre où l’on ne croit plus à rien, c’est renoncer à soi-même.

Un professionnel responsable doit savoir se retirer lorsque sa présence ne rime plus avec cohérence ni efficacité.

Nos écoles de management, publiques comme privées, devraient enseigner cette culture de la démission responsable.

Chaque dirigeant devrait venir au travail avec sa lettre de démission symboliquement dans la poche — non pour la remettre, mais pour se rappeler qu’il reste libre, responsable et redevable à sa conscience avant tout.

Car le vrai courage n’est pas de rester à tout prix, mais de savoir partir avec honneur.

Ceux qui, quelles que soient les circonstances, refusent de démissionner alors qu’ils savent qu’ils n’ont plus leur place, finissent toujours considérés comme des faibles ou des incompétents.

Ne pas démissionner quand l’honneur est atteint, c’est renier sa propre dignité.
Savoir partir au bon moment, c’est se préserver, c’est s’élever.

Magaye Gaye
Économiste international
Ancien cadre de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD)