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Par Magaye GAYE

L’actualité récente en France nous a révélé un acte d’une extrême gravité : des têtes de cochon déposées à l’entrée de mosquées. Il s’agit d’un geste islamophobe évident, conçu pour humilier une communauté et semer la peur. Un tel acte n’a pas sa place dans une démocratie moderne et ne peut être banalisé.

UNE QUALIFICATION JUDICIAIRE MAL ORIENTÉE

Contre toute attente, certaines voix judiciaires françaises ont pointé la responsabilité vers des « étrangers qui ont aussitôt quitté le territoir», en invoquant notamment une immatriculation serbe. Cette manière d’écarter la responsabilité nationale et de chercher des boucs émissaires détourne le problème réel : l’islamophobie en France. C’est une stratégie dangereuse, qui fragilise la cohésion sociale en opposant les communautés au lieu d’affronter la racine du mal.

UNE HYPOTHÈSE QUI MANQUE DE CRÉDIBILITÉ

Il faut aussi interroger la logique de l’accusation. Quel intérêt des étrangers auraient-ils à parcourir des milliers de kilomètres pour venir en France déposer des têtes de cochon devant des mosquées ? Si leur intention était réellement de s’en prendre à l’islam, pourquoi ne l’auraient-ils pas fait dans leur propre pays ? Cet argument, à lui seul, révèle l’incohérence d’une telle hypothèse. Tout indique qu’il s’agit plutôt d’actes ancrés dans le contexte français, portés par des réseaux locaux islamophobes qui cherchent à semer la peur et à diviser. Pointer du doigt « l’étranger » est donc non seulement simpliste, mais aussi dangereux, car cela détourne l’attention des vrais fauteurs de haine.

UN RISQUE POUR LA COHÉSION NATIONALE

En refusant de nommer clairement l’islamophobie et en déplaçant la responsabilité sur des acteurs extérieurs, la France prend le risque de créer une fracture durable. La communauté musulmane, déjà souvent stigmatisée, constate une différence de traitement : fermeté immédiate lorsqu’il s’agit d’antisémitisme, minimisation lorsque l’agression touche les musulmans. Ce déséquilibre est non seulement injuste, mais dangereux pour l’unité nationale.

LA FRANCE FACE À SES RESPONSABILITÉS

La République française s’honorerait en appliquant une règle simple : même gravité, même fermeté. Toute atteinte à un lieu de culte, qu’il s’agisse d’une synagogue, d’une église ou d’une mosquée, doit être condamnée avec la même vigueur. La cohésion nationale repose sur l’égalité de traitement entre les citoyens, quelles que soient leurs croyances..

UNE LECTURE PROSPECTIVE NÉCESSAIRE

Ces gestes doivent aussi être replacés dans un contexte plus large. Ils surgissent à un moment où la France vit la fin d’un cycle politique, avec un gouvernement fragilisé et des incertitudes sur l’avenir. L’histoire montre que les périodes de transition sont souvent des terrains propices aux provocations identitaires : les groupes extrémistes testent leurs forces, profitent du vide d’autorité et cherchent à polariser la société.
Il est donc essentiel de voir ces actes non seulement comme des agressions contre les musulmans, mais aussi comme des signaux d’alerte sur l’état de la démocratie française. Derrière l’islamophobie, il y a une stratégie plus large : profiter des incertitudes pour diviser, fracturer et instrumentaliser la peur à des fins politiques.

En conclusion, la France doit comprendre que chaque fois qu’elle banalise un acte islamophobe, elle envoie un signal dangereux : celui d’une communauté citoyenne considérée comme de seconde zone. Or, une République indivisible ne peut se construire dans la hiérarchisation des souffrances. La justice doit être claire, ferme et impartiale : l’islamophobie est un crime, et elle doit être combattue comme tel.