Face à une crise systémique menaçant la survie du Groupe SN La Poste, le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé ce lundi un Conseil interministériel d’urgence à la Primature. À l’issue des travaux, un diagnostic sans équivoque a été dressé et des mesures fortes ont été annoncées.
Le Groupe, composé notamment de Postefinances et EMS Sénégal, accumule des pertes depuis plus d’une décennie. En 2024, les capitaux propres étaient négatifs de 156 milliards FCFA, et la dette globale (fiscale, bancaire, sociale, fournisseurs) atteignait des niveaux critiques.
Pire, les dépôts clients des services financiers présentent un déficit supérieur à 9 milliards FCFA, mettant à mal la confiance du public.
Entre 2013 et 2019, aucun état financier n’a été publié, révélant une opacité prolongée. Le parc automobile est à 80 % hors service, et les tensions sociales ont conduit l’État à prendre en charge les salaires depuis 2022, pour un coût annuel de 18 milliards FCFA.
Des cas de fraudes avérées, notamment à Postefinances (plus de 3 milliards FCFA), aggravent la crise.
Le gouvernement prévoit un plan de redressement profond, articulé autour de plusieurs axes : Assainissement financier et recapitalisation, restructuration des filiales; réduction maîtrisée des effectifs; digitalisation accélérée des services; valorisation du patrimoine foncier (près de 150 sites à immatriculer) et la réforme de la gouvernance : audit régulier, transparence, rôle renforcé du Conseil d’administration.
« Cette situation critique est aussi une opportunité pour transformer La Poste en un acteur moderne, inclusif et compétitif », a déclaré le Premier ministre Ousmane Sonko.
Le gouvernement affirme sa volonté de faire de La Poste un levier de modernisation, en lien avec la montée du e-commerce et les besoins croissants en services logistiques et financiers de proximité.

