Le Sénégal, à l’instar de nombreux pays en développement, met en œuvre des plans de redressement économique et social pour faire face à des défis persistants tels que le chômage des jeunes et des femmes, les inégalités sociales et territoriales, et la dépendance aux chocs extérieurs.
Le Plan Sénégal Émergent (PSE) est le principal référentiel de ces politiques, avec des déclinaisons en Plans d’Actions Prioritaires (PAP) quinquennaux. Le nouveau gouvernement du Sénégal, sous l’impulsion du Premier ministre Ousmane Sonko, a également annoncé un « Plan national de redressement » visant à opérer des choix difficiles pour l’avenir économique et social du pays.Voici une analyse des avantages et inconvénients généraux de tels plans, en se basant sur les informations disponibles concernant les initiatives sénégalaises.
Avantages du plan de redressement économique et social du Sénégal1. Croissance économique et transformation structurelle : Accélération de la croissance Les plans visent à doubler le taux de croissance économique et à stimuler le PIB.
Diversification économique : Ils encouragent la diversification du tissu économique en augmentant la productivité dans divers secteurs, y compris l’industrialisation locale et la transformation agroalimentaire. Renforcement de la compétitivité : Les réformes et investissements visent à améliorer la compétitivité du pays sur la scène mondiale.
Création d’emplois : Un objectif clé est de réduire le chômage, notamment chez les jeunes et les femmes, par la stimulation de l’activité économique et le soutien à l’entrepreneuriat (via des programmes comme le PAPEJF).2.
Développement social et inclusif : Réduction de la pauvreté et des inégalités Les plans cherchent à réduire la pauvreté et les inégalités sociales et territoriales en garantissant un accès équitable aux opportunités économiques, éducatives, sanitaires et sociales.
Amélioration des services publics : Ils visent à construire une société inclusive en améliorant la qualité et l’accès aux services essentiels.
Revalorisation des salaires et lutte contre la précarité : Des mesures comme la revalorisation du SMIG et le relèvement des bas salaires sont proposées pour améliorer les conditions de vie des citoyens.3.
Bonne gouvernance et gestion financière : Renforcement de la transparence budgétaire : La création d’une Haute Autorité indépendante pour la transparence budgétaire et la publication trimestrielle des avantages liés aux fonctions publiques sont des mesures clés.
Rationalisation des dépenses publiques : Le nouveau gouvernement a annoncé des réductions significatives des fonds politiques spéciaux, des plafonnements de salaires dans la haute administration, et une rationalisation des agences et missions budgétivores.
Lutte contre la corruption : Une lutte rigoureuse contre la corruption et les détournements est mise en avant pour restaurer la confiance.4.
Développement durable : Investissements verts, intégration d’initiatives pour promouvoir le développement durable, y compris des investissements dans les énergies renouvelables et la préservation de l’environnement.5.
Souveraineté économique : Financement endogène, le nouveau gouvernement privilégie un financement endogène, avec une diversification des partenaires économiques et une priorisation des chaînes de valeur régionales (« Produire ici, transformer ici, consommer ici »).
Inconvénients et défis1.
Risques liés à la dette et aux finances publiques :
Endettement élevé : Le Sénégal est confronté à un niveau élevé de dette publique, et les plans de redressement peuvent nécessiter des emprunts supplémentaires, augmentant le fardeau de la dette.
Dépendance aux financements externes : Malgré la volonté de financement endogène, la dépendance à l’aide internationale et aux flux de capitaux reste un défi, rendant le pays vulnérable aux chocs externes et aux exigences des bailleurs de fonds.
Déficit budgétaire : un important déficit budgétaire persiste, et sa réduction nécessite des choix difficiles et potentiellement impopulaires.2.
Mise en œuvre et efficacité :
Complexité et délais : la mise en œuvre de réformes structurelles profondes est complexe et prend du temps, ce qui peut générer de l’impatience et des résistances. Capacité administrative : la capacité des institutions à gérer et à mettre en œuvre efficacement ces plans ambitieux peut être un frein.
Persistance des inégalités : Malgré les objectifs, la réduction effective des inégalités et de la pauvreté peut être lente, et le risque de voir la croissance bénéficier principalement à certaines couches de la population persiste.3.
Défis sociaux et de gouvernance :
Chômage persistant : Malgré les efforts, le chômage, en particulier chez les jeunes et les diplômés, reste un défi majeur et une source de malaise social.
Informalité de l’économie : La large informalité de l’économie peut rendre difficile l’application de certaines réformes et la collecte de recettes fiscales. Corruption : Malgré la volonté politique, la lutte contre la corruption est un processus long et difficile.
Résistance aux réformes : Certaines mesures, comme la rationalisation des dépenses publiques ou les réformes structurelles, peuvent faire face à une forte résistance de groupes d’intérêts ou de la population.4.
Vulnérabilité aux chocs externes et internes :
Chocs climatiques : L’économie sénégalaise reste vulnérable aux aléas climatiques, notamment dans le secteur agricole.
Conjoncture économique mondiale : Les fluctuations des prix des matières premières et la conjoncture économique mondiale peuvent impacter négativement la mise en œuvre des plans.
Stabilité politique : Les tensions politiques, même si le pays a connu une transition apaisée récemment, peuvent freiner les investissements et la mise en œuvre des politiques. En résumé, les plans de redressement économique et social du Sénégal, comme le PSE et le nouveau plan du gouvernement, présentent un cadre ambitieux pour stimuler la croissance, réduire les inégalités et améliorer la gouvernance. Cependant, leur succès dépendra de la capacité à surmonter des défis importants liés à la gestion de la dette, à l’efficacité de la mise en œuvre, à la résilience face aux chocs et à une gouvernance irréprochable.
Babacar BITEYE
