Un atelier de cinq jours réunit, du 18 au 22 août dans la capitale sénégalaise, les acteurs du projet Réseau en agroécologie pour la durabilité des systèmes alimentaires (Radius). L’objectif est d’affiner les outils de suivi-évaluation et d’analyse genre afin de mieux accompagner les exploitants agricoles vers une transition écologique durable.
Financé par l’Union européenne à hauteur de cinq millions d’euros (environ 3,27 milliards de FCFA), le projet Radius vise à renforcer la résilience des systèmes agricoles tout en valorisant les pratiques respectueuses de l’environnement. Il s’adresse à un large public : exploitations familiales, groupements de femmes, coopératives ou encore PME agroalimentaires.
« Radius s’appuie sur des pratiques ancestrales, enrichies par la recherche scientifique, pour reconstruire les écosystèmes agricoles et garantir une productivité durable », a déclaré la coordonnatrice du projet, Dr Fructueuse Ouidoh. Elle insiste sur la nécessité de rompre avec l’usage intensif d’intrants chimiques, nuisibles à la biodiversité et aux sols, en revenant à des pratiques agricoles traditionnelles, sources d’équilibre.
Le projet s’appuie sur plusieurs leviers : une plateforme d’innovation appelée Mita, des formations universitaires, et des démonstrations sur le terrain. Il couvre une diversité de systèmes de production – vivriers (céréales, légumineuses, tubercules, légumes), fruitiers, cultures de rente (cacao, café, coton, anacarde), élevage (petits ruminants, volailles, pisciculture), ainsi que des systèmes mixtes et agroforestiers.
Pour mesurer efficacement les avancées sur le terrain, Radius prévoit de déployer le système Smiler (Simple Measurement of Indicators for Learning and Evidence-based Reporting), un outil qui permettra de collecter des données harmonisées dans les cinq pays impliqués : Sénégal, Bénin, Côte d’Ivoire, Cameroun et Burkina Faso.
« Nous allons mettre en place un dispositif capable de capter toutes les innovations agroécologiques sur le terrain et de les mesurer de manière uniforme », a expliqué Ismaïla Diatta, conseiller technique au Catholic Relief Services (CRS) et point focal du projet.
Mis en œuvre sur une période de quatre ans par un consortium de sept structures universitaires et de recherche, dont le CORAF, le projet Radius entend non seulement consolider ses acquis, mais aussi amplifier son impact au-delà de cette première phase.

