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	<title>FMI Archives -</title>
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	<title>FMI Archives -</title>
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		<title>Le FMI prolonge l’accord de résilience du Niger jusqu’en mars 2026</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Farafinanews]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Dec 2025 14:44:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Afriknews]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé une prolongation de l’accord du Niger au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (RSF) jusqu’au 4 mars 2026. Cette décision permet au pays de conserver un accès à un financement d’environ 131,5 millions de dollars. Selon le communiqué du FMI, cette [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé une prolongation de l’accord du Niger au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (RSF) jusqu’au 4 mars 2026. Cette décision permet au pays de conserver un accès à un financement d’environ 131,5 millions de dollars.</strong></p>



<p>Selon le communiqué du FMI, cette extension vise à aligner l’examen final de l’accord RSF avec celui de l’arrangement concomitant soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC).</p>



<p>Approuvé initialement le 5 juillet 2023 pour une durée de deux ans, l’accord RSF du Niger prévoit un accès à 98,7 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit environ 131,5 millions de dollars américains. Ce montant correspond à 75 % du quota du pays auprès de l’institution financière internationale.</p>



<p>Le financement accordé dans le cadre de la RSF a pour objectif de soutenir la stabilité macroéconomique du Niger tout en renforçant sa résilience à long terme face aux chocs structurels. Ces chocs incluent notamment les effets du changement climatique et les vulnérabilités économiques persistantes.</p>



<p>Le FMI précise que la décision de prolongation a été adoptée selon la procédure dite de « lapse of time ». Ce mécanisme permet au Conseil d’administration de valider une décision sans débat formel, lorsque le dossier ne soulève pas d’objection majeure parmi les administrateurs.</p>



<p>La Facilité pour la résilience et la durabilité s’adresse principalement aux pays à faible revenu et aux États vulnérables. Elle vise à les aider à mieux anticiper et gérer les défis de long terme susceptibles de menacer leur stabilité économique et financière.</p>



<p><strong>Auteur : Souadou Konté</strong></p>
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		<title>NOTRE SOUVERAINETÉ À L’ÉPREUVE DE LA DETTE</title>
		<link>https://farafinanews.com/notre-souverainete-a-lepreuve-de-la-dette/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Farafinanews]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Dec 2025 21:11:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Karantaba]]></category>
		<category><![CDATA[Dette cachée]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
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					<description><![CDATA[PAR MAITRE DJIBY DIALLO Celui qui se tait ne commet une faute que lorsqu’il avait l’obligation de parler, et celui qui parle également est en infraction lorsqu’il était tenu de garder le silence. Je préfère la fourmi, pour son ingéniosité, à la cigale qui fait beaucoup de bruit pour se retrouver fort dépourvue à la [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>PAR MAITRE DJIBY DIALLO</p>



<p>Celui qui se tait ne commet une faute que lorsqu’il avait l’obligation de parler, et celui qui parle également est en infraction lorsqu’il était tenu de garder le silence.</p>



<p>Je préfère la fourmi, pour son ingéniosité, à la cigale qui fait beaucoup de bruit pour se retrouver fort dépourvue à la fin de l’été.</p>



<p>Sommes-nous des fourmis ou des cigales ?</p>



<p>Que recouvre la notion de dettes cachées du point de vue juridique et politique ?</p>



<p>Sommes-nous obligés de révéler au monde extérieur nos créances ou nos dettes, notre ingéniosité, nos secrets d’État ?</p>



<p>La souveraineté est la liberté pour un pays de pouvoir cacher à des États étrangers et aux instances internationales ses choix politiques et économiques internes et stratégiques.</p>



<p>Admettre le concept de dettes cachées remet en cause la suprématie et la souveraineté du Sénégal dans le financement de son développement.</p>



<p>Le Sénégal a le droit de se taire sur sa dette intérieure et ne devrait rendre compte que lorsqu’il se retrouve dans l’incapacité d’honorer ses engagements internationaux, à l’exclusion de ses engagements strategiques. souverains et nationaux.</p>



<p>Les engagements publics sont de deux ordres : internes et externes.</p>



<p>Un État est souverain pour ses engagements internes et n’a aucune obligation de rendre compte, ni à un État étranger, ni même à une quelconque organisation internationale.</p>



<p>Il me semble qu’il en va de même pour les engagements vis-à-vis des entreprises privées étrangères.</p>



<p>Les entreprises publiques n’ont-elles pas le droit de prendre des engagements en toute autonomie ?</p>



<p>Soumettre toutes ces dettes à la censure du FMI, c’est accepter de remettre en cause notre souveraineté dans notre quête d’un développement… endogène.</p>



<p>Chaque organisation a la possibilité de mettre en place une ingénierie financière pour capter des financements.</p>



<p>Cette ingénierie, qui est la propriété de l’État, ne doit jamais être ébranlée par une démarche politicienne.</p>



<p>Ce qui nous arrive est grave.</p>



<p>Nous sommes en train, pieds et poings liés, de remettre notre âme au FMI, qui nous dit : « Oui, puisque vous avez reconnu nous avoir caché votre dette, c’est bien. Vous êtes honnêtes. Maintenant, présentez-nous un nouveau programme dans lequel vous allez prouver que vous pouvez financer votre budget par vos ressources internes, en attendant de voir le rapport du budget 2024-2025. »</p>



<p>C’est un piège !</p>



<p>Voilà que le chasseur qui traquait le loup, et qui avait vainement regardé le sable en s’y couchant pour y voir les traces du grand loup-cervier, se retrouve subitement en face du gibier perdu, parce que surpris.</p>



<p>Nous sommes ainsi surpris, nous sommes perdus… Tous nos chemins sont pris et notre retraite coupée dans notre course vers le développement.</p>



<p>Que va-t-il se passer ?</p>



<p>Les subventions vont être levées, le peuple va encore trimer…</p>



<p>Cette démarche n’arrange que le FMI, qui nous tient désormais par la gorge.</p>



<p>Il faut d’ailleurs s’interroger sur l’appréciation qu’il fera de l’endettement du nouveau régime, ainsi que des conséquences de celui-ci sur la valeur de la signature de l’État, qui ne cesse d’être dégradée.</p>



<p>La rupture n’est pas une remise en cause de notre ingéniosité, mais une démarche nouvelle et salutaire, fondée sur une vision spécifique et originale du développement, qui consolide nos acquis et l’État de droit, et qui valorise notre génie créatif.</p>



<p>La volonté de liquider un adversaire politique ne devrait pas avoir de conséquences néfastes sur nos institutions, nos finances publiques et notre crédibilité internationale.</p>



<p>La remise en cause de ces paramètres, au point que notre État en subisse les contrecoups et le discrédit de nos institutions qui en découle, peut être classée à la décharge de leurs auteurs, dans le registre du manque d’expérience…</p>



<p>Nous pouvons réparer cela — dans le silence et le patriotisme — en admettant qu’un discours politique interne ne devrait pas produire autant de dégâts s’il n’était pas suivi d’effets, et en mettant fin à cette polémique interne dont la prolongation ne pourra que nous être fatale.</p>



<p>Les hommes d’affaires qui ont aidé l’État à contourner la difficulté des subventions devraient être libérés.</p>



<p>Par exemple, Khadim Ba a aidé l’État à mettre fin aux délestages et à éviter la hausse du coût de l’électricité et des hydrocarbures.</p>



<p>Nous n’avons pas à rendre compte aux institutions internationales de certains de nos choix qui relèvent de notre souveraineté.</p>



<p>Maintenant, pour parler comme Charles Péguy : pleurer et gémir est également lâche. Répondons là où le sort a voulu nous appeler, pour mourir sans jeter un cri…</p>



<p>Cessons le bruit. Travaillons comme la fourmi et comme les enfants du laboureur, à qui leur père a légué cette maxime : le travail est un trésor.</p>



<p>Assumons nos choix !</p>



<p><strong>Maître Djiby Diallo</strong></p>



<p><strong>Avocat à la Cour</strong></p>



<p><strong>Président du Groupe d’Actions et d’Initiatives pour un Développement Localisé</strong></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Négociations avec le FMI : le Sénégal joue sa survie ?</title>
		<link>https://farafinanews.com/negociations-avec-le-fmi-le-senegal-joue-sa-survie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Farafinanews]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Dec 2025 22:44:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Karantaba]]></category>
		<category><![CDATA[Edward Gemayel]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
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					<description><![CDATA[Les négociations avec le Fonds Monétaire International traînent depuis plus de six mois, constituant un feuilleton particulièrement complexe dont l&#8217;issue demeure incertaine. Le programme initial approuvé en juin 2023 pour 1,8 milliard de dollars a été suspendu suite à la découverte de 7 milliards de dollars de dette cachée. Cette révélation qualifiée d' »inédite en Afrique » [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><br>Les négociations avec le Fonds Monétaire International traînent depuis plus de six mois, constituant un feuilleton particulièrement complexe dont l&rsquo;issue demeure incertaine. Le programme initial approuvé en juin 2023 pour 1,8 milliard de dollars a été suspendu suite à la découverte de 7 milliards de dollars de dette cachée. Cette révélation qualifiée d' »inédite en Afrique » par Edward Gemayel, chef de mission du FMI, a profondément ébranlé la confiance de l&rsquo;institution financière internationale. Les discussions ont repris en octobre 2025, la visite du Directeur Afrique du FMI en novembre a permis des « progrès significatifs » selon les communiqués officiels, mais nous voici en décembre 2025 toujours sans accord définitif.<br>Les blocages actuels s&rsquo;articulent autour de trois piliers fondamentaux sur lesquels le FMI refuse toute concession. Premièrement, la soutenabilité budgétaire exige de ramener le déficit structurellement sous 3 % du PIB, alors qu&rsquo;il atteint actuellement 7,3 % en moyenne. Cela implique des mesures douloureuses comme la maîtrise de la masse salariale qui croît à 11,8 % par an, la réforme drastique des subventions énergétiques qui pompent 4,4 % du PIB, et l&rsquo;élimination systématique des gaspillages dans l&rsquo;investissement public. Deuxièmement, la gestion de la dette requiert une centralisation absolue dans une seule entité, la publication régulière et exhaustive de tous les engagements, et l&rsquo;interdiction définitive de toute dette cachée. Troisièmement, la gouvernance des finances publiques doit être profondément réformée avec la publication de tous les audits, le renforcement de la Cour des Comptes, etc.</p>



<p>La durée probable des négociations peut être estimée entre deux à trois mois supplémentaires, nous menant vers mars 2026 pour une signature. Cette estimation repose sur plusieurs facteurs objectifs : l&rsquo;audit des arriérés intérieurs doit être finalisé et publié, les mesures de centralisation de la dette doivent être opérationnelles et non simplement annoncées, et la Loi de Finances 2026 doit démontrer concrètement la discipline budgétaire promise. Les comparaisons régionales confirment cette durée : la Côte d&rsquo;Ivoire a négocié pendant 4 à 5 mois en 2022, le Ghana a pris 18 mois en raison d&rsquo;une situation de dette extrêmement complexe en 2023, tandis que la Zambie a dépassé deux années. Notre cas se situe entre ces extrêmes compte tenu de la complexité inédite de notre dette dite « cachée » mais de notre croissance économique encore dynamique.</p>



<p>Les spéculations pessimistes se multiplient dans les cercles économiques, sur les marchés financiers et les officines politiques. L&rsquo;agence Moody&rsquo;s nous a dégradés trois fois en une seule année, fait sans précédent dans notre histoire, envoyant un signal extrêmement négatif aux investisseurs. Nos Eurobonds se négocient à 88,80 cents par dollar pour les obligations 2028, reflétant un risque de défaut perçu comme élevé par les marchés. Certains analystes anticipent un défaut de paiement d&rsquo;ici deux à trois ans si aucun accord FMI n&rsquo;intervient et si nous continuons sur la trajectoire actuelle. Cependant, des voix plus optimistes soulignent nos atouts réels : la production de pétrole et gaz a démarré en 2024 apportant des revenus nouveaux, notre croissance prévue à 7,1 % en 2024 et 10,1 % en 2025 selon le FMI témoigne d&rsquo;un dynamisme économique certain, et Edward Gemayel lui-même a déclaré qu&rsquo;il n&rsquo;y avait « pas de défaut pour le moment » lors de sa dernière visite.</p>



<p>L&rsquo;enjeu dépasse largement les aspects purement financiers pour toucher à notre souveraineté nationale. Le Premier ministre a évoqué des discussions « ardues » avec le FMI, refusant certaines conditions jugées trop dures pour la population. Cette posture refuse l&rsquo;acceptation aveugle de mesures potentiellement contre-productives qui sape notre dignité nationale. Néanmoins, sans accord FMI, notre capacité de financement du budget devient extrêmement problématique car nous ne pouvons emprunter sur le marché régional UEMOA que pendant 6 à 12 mois maximum à des taux élevés de 7 à 8 %, tandis que les salaires des fonctionnaires, les dépenses de fonctionnement et les échéances de dette continuent de tomber inexorablement. L&rsquo;accord FMI apporte bien plus que de l&rsquo;argent : c&rsquo;est un sceau d&rsquo;approbation qui déclenche automatiquement le soutien de tous les autres bailleurs comme la Banque Mondiale, l&rsquo;Union Européenne, et même la Chine. C&rsquo;est aussi une assistance technique précieuse en matière de réformes fiscales, statistiques, et bancaires. Et c&rsquo;est enfin une discipline imposée par les revues trimestrielles et les conditionnalités qui, bien que contraignantes, forcent à maintenir le cap des réformes. Le Rwanda depuis 1995 illustre parfaitement cette dynamique : les programmes FMI successifs conjugués à une discipline rigoureuse ont permis 7 à 8 % de croissance annuelle pendant 25 ans. Notre message au FMI doit être clair : nous voulons nous redresser dans la dignité, pas nous agenouiller dans l&rsquo;humiliation, et nous recherchons un partenariat intelligent où un Sénégal qui réussit constitue aussi une victoire pour le FMI.publié ds SudQuotidien du mardi 09 déc</p>



<p><strong>Prof. Thierno Thioune<br>Agrégé des Universités</strong></p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La dette cachée : le FMI n’a rien dévoilé, c’est le Sénégal qui s’est mis à nu</title>
		<link>https://farafinanews.com/la-dette-cachee-le-fmi-na-rien-devoile-cest-le-senegal-qui-sest-mis-a-nu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Farafinanews]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Nov 2025 01:25:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Afriknews]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Karantaba]]></category>
		<category><![CDATA[Dette cachée]]></category>
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					<description><![CDATA[On l’oublie trop souvent : dans l’univers impitoyable des finances, les États ne chutent pas lorsque les caisses se vident, mais lorsque la confiance se brise. Les marchés ne sanctionnent pas seulement les chiffres ; ils frappent d’abord les hésitations du pouvoir, les incohérences du discours, les micro-fissures qui annoncent un doute institutionnel. Quand ce [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>On l’oublie trop souvent : dans l’univers impitoyable des finances, les États ne chutent pas lorsque les caisses se vident, mais lorsque la confiance se brise. Les marchés ne sanctionnent pas seulement les chiffres ; ils frappent d’abord les hésitations du pouvoir, les incohérences du discours, les micro-fissures qui annoncent un doute institutionnel. Quand ce doute s’installe tout en haut de l’exécutif, la confiance – cette monnaie sans visage mais essentielle – se délite à la vitesse d’une rumeur devenue certitude. C’est exactement ce qui se joue aujourd’hui autour du Sénégal depuis la révélation de la dette cachée. Contrairement au récit commode d’un FMI intrusif venant « dévoiler » une anomalie comptable, le scandale n’a exposé qu’une évidence longtemps tue : ce n’est pas le FMI qui a levé le voile, c’est l’État lui-même qui s’est retrouvé nu, pris dans les contradictions de sa propre ingénierie budgétaire. Dès lors, chaque prise de parole publique – gouvernementale ou institutionnelle – façonne désormais la perception du risque, non parce qu’elle serait fautive, mais parce que les marchés lisent dans chaque mot un signal de stabilité ou de tension, un indicateur de prévisibilité ou de désalignement institutionnel. Il existe, dans la vie d’un pays, des moments où les récits protecteurs s’effondrent et où la nation doit affronter ce qu’elle refusait de voir. </p>



<p>Le Sénégal est dans ce moment de vérité. Deux décennies durant, il s’est construit l’image rassurante d’un « modèle » ouest-africain – stabilité, institutions solides, orthodoxie budgétaire, démocratie prévisible. Mais ce récit ne résiste jamais à la comptabilité publique, où seuls les faits demeurent. La révélation d’une dette occultée de 7 milliards de dollars (environ 4 200 milliards de FCFA) a brisé l’illusion d’une gestion exemplaire, exposant les angles morts de l’État et une culture institutionnelle permissive qu’il faut désormais questionner. La véritable question n’est donc pas « qui a fauté ? », mais qui aura le courage de regarder la réalité en face. La dette cachée n’est pas seulement un passif financier ; c’est un test institutionnel qui impose de choisir entre l’entêtement et la restructuration, entre l’orgueil politique et la lucidité économique, entre la perpétuation d’un système producteur d’angles morts et la refondation d’une gouvernance fondée sur la transparence et la cohérence. Derrière ce choc comptable se cache une interrogation plus décisive : le Sénégal peut-il se regarder sans maquillage politique, sans déni institutionnel, sans se réfugier dans les mythes qui ont longtemps tenu lieu de boussole ? Ce moment n’est pas seulement budgétaire ; il est existentiel. Il questionne la capacité du pays à affronter ses vulnérabilités, à repenser la gouvernance financière et à restaurer la lisibilité qui fonde toute crédibilité souveraine. Cette crise n’est pas un incident. C’est un tournant. De la manière dont le Sénégal le franchira dépendra la trajectoire politique, institutionnelle et macroéconomique de la décennie à venir.</p>



<p> I. Quand les illusions budgétaires ont rattrapé l’État L’affaire de la dette cachée n’est ni un accident, ni un mystère. C’est l’aboutissement d’une mécanique institutionnelle bien rodée : celle qui consiste à fragmenter la responsabilité financière entre différentes entités publiques pour rendre le passif moins visible. Pendant plus d’une décennie, plusieurs agences stratégiques ont contracté des emprunts massifs sans que ces engagements n’apparaissent dans les comptes consolidés de l’État. Dans le secteur de l’énergie, SENELEC s’est engagée dans des programmes de modernisation et de contrats d’achats d’électricité d’un ordre de grandeur de plusieurs centaines de milliards de FCFA, avec un plan d’investissements de près de 700 milliards inscrit dans son plan stratégique 2016-2020 et des dettes récurrentes envers les producteurs indépendants et fournisseurs de combustibles. Du côté de PETROSEN, la participation de la compagnie nationale aux projets GTA et Sangomar repose largement sur des prêts et arrangements financiers conclus avec BP, Kosmos et Woodside, pour un total de plusieurs centaines de millions de dollars. Quant à AIBD SA, le développement du hub aéroportuaire a mobilisé au moins plusieurs centaines de milliards de FCFA d’engagements, dont 470 milliards officiellement reconnus et 200 milliards de la (Redevance pour le Développement des Infrastructures Aéroportuaires (RDIA) consommés dans des contrats dont la justification reste à clarifier. Toutes ces dettes n’ont pas été contractées dans le secret. Ce qui est resté obscur, en revanche, c’est leur classification. Elles n’étaient pas considérées comme des dettes souveraines, mais comme des engagements « autonomes », échappant aux normes de consolidation exigées par les standards internationaux. Une zone grise comptable s’est créée, révélant un décalage entre la réalité des engagements publics et leur traduction dans les tableaux officiels. Lorsque les audits – appuyés par le Fonds monétaire international (FMI) – ont recalculé la dette selon le cadre du Government Finance Statistics Manual (GFSM 2014), la réalité est apparue sans filtre. Le Sénégal n’avait pas une dette maîtrisée : il avait une dette sous-estimée. Une fois consolidés, les engagements publics font grimper la dette à des niveaux supérieurs à 100 % du PIB, rapprochant le pays des trajectoires observées au Ghana ou au Sri Lanka avant leurs crises respectives. Dans le même temps, les eurobonds sénégalais ont vu leurs rendements s’envoler à près de 14 %, la signature financière du pays a été affaiblie, et le programme du FMI a été provisoirement suspendu. Le Sénégal est ainsi entré dans cette zone grise où un État n’est pas encore en défaut, mais où les marchés commencent sérieusement à douter de sa capacité à l’éviter.</p>



<p> II. Le mythe des coupables : sortir de la bataille des narratifs Comme dans toute crise systémique, la tentation immédiate est celle de la simplification. À mesure que la réalité s’impose, deux lectures rapides se sont installées dans le débat public. La première accuse les institutions financières internationales d’avoir construit une mise en scène punitive. La seconde, adoptée par le régime en place, consiste à faire de l’ancien pouvoir le coupable unique, comme si la totalité des dysfonctionnements relevait d’une seule gouvernance. Ces narratifs sont politiquement efficaces, mais analytiquement fragiles. La dette cachée n’est pas née d’un événement soudain. Elle est le produit d’une pratique institutionnelle prolongée, où la fragmentation de la gestion publique a permis d’occulter des engagements massifs. Le FMI n’a pas inventé la multiplication des dettes fournisseurs de SENELEC, ni l’opacité des garanties d’État dans les partenariats gaziers. L’ancien régime n’a pas inventé la pratique, sous-régionale, d’entasser les arriérés dans les hôpitaux publics ou de multiplier les agences autonomes sans consolidation budgétaire. De 2014 à 2023, les dettes fournisseurs du secteur énergétique ont été recyclées en arriérés, les hôpitaux publics ont accumulé des déficits équivalant parfois à deux années de fonctionnement, et plusieurs PPP ont été conclus sans que la contrepartie de l’État ne soit comptabilisée comme dette. Pendant ce temps, les institutions internationales félicitaient le Sénégal pour sa discipline budgétaire, sans exiger une consolidation exhaustive. La vérité est donc structurelle, pas circonstancielle. Ce n’est pas un régime qui a échoué ; c’est un mode de gouvernance qui s’est effondré. Un mode de gouvernance qui confond performance politique et opacité comptable, qui valorise les annonces plus que les évaluations, et qui fait des bilans publics des espaces de communication plutôt que de vérité. Le problème n’est pas la politique. Le mal se dissimule dans la culture institutionnelle qui a permis à la dette de devenir un angle mort. </p>



<p>III. Restructurer ou s’entêter : la vraie décision politique Le Sénégal se trouve à un carrefour stratégique où deux voies s’offrent à lui : assumer la nécessité d’une restructuration ou persister dans un déni aussi coûteux que périlleux. Contrairement aux représentations nationalistes ou aux réflexes d’orgueil politique, la restructuration n’a rien d’un acte d’humiliation. C’est une opération de gestion, presque chirurgicale, à laquelle ont eu recours des économies très différentes : l’Argentine en 2020, la Zambie en 2021, le Ghana en 2022, le Sri Lanka en pleine implosion en 2022, et le Mozambique entre 2016 et 2020. Tous ont restructuré non par faiblesse idéologique, mais parce que les chiffres les y avaient contraints. Même les régimes qui se posent en parangons de souveraineté, comme celui du capitaine Ibrahim Traoré au Burkina Faso, négocient discrètement des financements concessionnels avec le FMI pour éviter la paralysie budgétaire. Ce que montre l’expérience internationale est limpide. Un pays ne restructure pas par manque d’honneur, mais parce qu’il refuse de s’enfoncer dans une spirale où le service de la dette absorbe l’essentiel de ses marges de manœuvre et compromet la soutenabilité économique. La restructuration est donc une méthode : elle réduit le stock de dette, allonge les échéances, baisse les taux d’intérêt et libère des ressources indispensables pour l’éducation, la santé, l’énergie ou les infrastructures. Refuser cette option serait un pari risqué. Le Sénégal ne peut durablement financer une dette consolidée à près de 130 % du PIB sans sacrifier ses priorités sociales et sans compromettre sa stabilité financière. Le véritable défi n’est donc pas technique ; il est psychologique et politique. Il consiste à dépasser les narratifs d’honneur blessé pour admettre que la rationalité économique impose un réaménagement de la dette. À défaut, le pays se trouve contraint de recourir à des financements locaux ou sous-régionaux de plus en plus coûteux, au risque de provoquer un effet d’éviction qui assèche le crédit destiné aux entreprises et aux ménages. La question centrale est alors la suivante : le pays a-t-il la maturité institutionnelle pour choisir la lucidité plutôt que l’orgueil ?</p>



<p> IV. La confiance, nouvelle monnaie salvatrice du Sénégal La crise de la dette révèle une vérité fondamentale. Les finances publiques ne reposent pas seulement sur des chiffres, mais sur un actif immatériel bien plus fragile : la confiance. Dans l’économie mondialisée, la confiance circule comme une monnaie : elle s’apprécie lentement, s’effondre vite, et possède un pouvoir de transformation bien supérieur à celui du franc CFA ou des recettes d’exportation. Ce n’est pas le niveau absolu de l’endettement sénégalais qui inquiète les marchés – de nombreux pays vivent avec des ratios supérieurs – mais l’impression d’un État dont la parole chancelle, dont la stratégie semble mouvante, et dont les chiffres paraissent instables. L’incertitude, aujourd’hui, est devenue la première menace macroéconomique. Incertitude sur la véracité des comptes publics après la révélation de dettes consolidées. Incertitude sur la gouvernance des entreprises publiques et la qualité de leurs bilans. Incertitude sur la cohérence des messages délivrés par l’Exécutif, oscillant entre prudence technique et impulsions politiques. Incertitude, enfin, sur la trajectoire budgétaire réelle du pays. Or les marchés ne fonctionnent ni à l’émotion, ni au patriotisme, ni à l’espoir. Ils fonctionnent à la clarté. Ils ne demandent pas l’euphorie : ils demandent un plan. Une ligne de conduite stable, un calendrier crédible, une méthode assumée. Ils sanctionnent l’improvisation bien plus que la difficulté, et ils récompensent la cohérence même en période de turbulence. Restaurer la confiance exige donc un effort systémique : transparence totale des engagements publics, discipline budgétaire soutenue, gouvernance resserrée des entreprises publiques et un leadership politique capable de produire un discours unifié. Le Sénégal n’est pas dépourvu d’atouts. Sa stabilité institutionnelle, son capital humain et son prestige diplomatique restent solides. Mais ces ressources ne produisent leurs effets que lorsqu’elles s’accompagnent d’une gestion rigoureuse. La confiance est un capital invisible, mais vital. Le Sénégal devra le reconstruire, centime par centime. Conclusion La crise de la dette cachée n’a rien d’une fatalité tombée du ciel. Elle agit comme un miroir implacable, renvoyant au Sénégal l’image réelle de ses fragilités institutionnelles. Ce miroir oblige à dépasser les réactions émotionnelles pour aborder la question sur son véritable terrain : celui de la crédibilité de l’État, de la solidité de ses mécanismes de contrôle, et de la maturité collective d’une nation confrontée à la vérité de ses chiffres. Les crises ne détruisent pas les États. Ce qui les détruit, c’est l’aveuglement volontaire, l’incapacité à regarder la réalité en face et à assumer la responsabilité des décisions difficiles. Le Sénégal ne basculera pas parce qu’il choisit de restructurer sa dette ; il sombrera au contraire s’il persistait dans la dénégation, dans l’orgueil mal placé ou dans les narratifs commodes qui l’empêchent d’affronter la situation avec lucidité. Ce moment n’annonce ni un effondrement ni une déchéance. Il ouvre un seuil, celui où le pays peut passer de la gestion approximative à la gouvernance méthodique ; d’une vision fragmentée à une stratégie cohérente ; d’une économie sous tension à un modèle plus robuste et mieux ancré dans les réalités contemporaines. La dette cachée peut devenir un gouffre si elle continue d’être perçue comme une anomalie à dissimuler ou un héritage à instrumentaliser. Mais elle peut également se transformer en tremplin si elle est reconnue comme un catalyseur de réforme, une opportunité d’assainissement, un point de départ pour rebâtir la confiance et repenser l’architecture financière de l’État. Au fond, le choix est d’une simplicité redoutable : persister dans l’illusion ou franchir le cap de la maturité institutionnelle. La trajectoire future du Sénégal dépendra de ce choix.  </p>



<p><strong>Dr Mamadou Akila Bodian, Laboratoire des Études Sociales Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN-UCAD)Université Cheikh Anta Diop de Dakar</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Sénégal : entre dette cachée, crise politique et menaces sur la cohésion institutionnelle</title>
		<link>https://farafinanews.com/senegal-entre-dette-cachee-crise-politique-et-menaces-sur-la-cohesion-institutionnelle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Farafinanews]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Nov 2025 15:05:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Karantaba]]></category>
		<category><![CDATA[Dette cachée]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[franc CFA]]></category>
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					<description><![CDATA[« Quand les démons de la division menacent la République » Le Sénégal traverse actuellement une zone de turbulences économiques majeures marquée par une crise budgétaire et financière sans précédent, révélée à la suite de la découverte d’une dette cachée contractée sous l’ancien régime. Les déclarations du Fonds Monétaire International (FMI) et d’autres instances habilitées [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>« Quand les démons de la division menacent la République »</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Une crise économique et budgétaire sans précédent</li>
</ol>



<p>Le Sénégal traverse actuellement une zone de turbulences économiques majeures marquée par une crise budgétaire et financière sans précédent, révélée à la suite de la découverte d’une dette cachée contractée sous l’ancien régime. Les déclarations du Fonds Monétaire International (FMI) et d’autres instances habilitées ont confirmé l’existence d’une dette cachée considérable, héritée de la gouvernance précédente. Ces engagements non déclarés, évalués à plusieurs centaines de milliards de francs CFA, qui compromettent la trajectoire budgétaire et la crédibilité financière du pays ont profondément altéré la soutenabilité budgétaire du pays et en même temps compromis les marges de manœuvre de l’État.</p>



<p>Les eurobonds sénégalais, baromètre de la confiance des investisseurs internationaux, enregistrent une baisse continue, ce qui constitue un signal clair d’une perte de crédibilité sur les marchés financiers et d’une défiance croissante des investisseurs face à la gouvernance économique. Dans un contexte mondial déjà marqué par le renchérissement du coût du capital et les tensions géopolitiques, cette défiance accroît la vulnérabilité du pays.</p>



<ol start="2" class="wp-block-list">
<li>Une population à bout face au coût de la vie</li>
</ol>



<p>Le peuple est exaspéré par la cherté de la vie. Les Sénégalais sont épuisés par la flambée du coût de la vie : hausse du prix des denrées de base, pression sur les loyers, chômage persistant, et pouvoir d’achat en chute libre. Les attentes vis-à-vis du nouveau régime étaient immenses : celles d’une justice équitable, d’un redressement éthique et d’un État au service du peuple. L’espoir suscité par le changement politique peine à se traduire en amélioration tangible des conditions de vie.</p>



<p>Cette promesse semble s’estomper au profit d’un contexte politique crispé, où la gouvernance économique peine à produire des résultats tangibles dans le quotidien des ménages.</p>



<p>La population attend un signal fort : une politique de redistribution crédible, une maîtrise des dépenses publiques, et une réorientation des priorités vers la production locale, l’emploi des jeunes et la réduction des inégalités au niveau des territoires.</p>



<ol start="3" class="wp-block-list">
<li>Une crise institutionnelle qui « guette » au sommet de l’État</li>
</ol>



<p>À la crise économique s’ajoute désormais une crise politique et institutionnelle sans précédent. Les divergences apparentes entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko se multiplient, exposant au grand jour les tensions internes au sein du parti PASTEF, moteur du changement. Ces dissensions (conflit de leadership sur fond de divergences stratégiques, de communication et de vision), bien que politiques, menacent de se muer en crise institutionnelle si elles venaient à paralyser la gouvernance.</p>



<p>Dans un pays où la stabilité du pouvoir exécutif a toujours été un socle de cohésion nationale, ce duel fratricide interroge : Le Sénégal est-il en mesure de faire face à une crise institutionnelle d’envergure, alors même qu’il ploie sous le poids de la dette et des attentes sociales ? Assurément NON ! Le Sénégal n’en a ni les moyens économiques ni la marge sociale. Une crise institutionnelle majeure plongerait le pays dans une instabilité dont il ne pourrait se relever qu’au prix d’un lourd sacrifice collectif.</p>



<ol start="4" class="wp-block-list">
<li>Quand les priorités politiques éclipsent les urgences nationales</li>
</ol>



<p>Cette tension au sommet détourne l’attention des véritables urgences nationales :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>relance de la production agricole et industrielle,</li>



<li>emploi des jeunes,</li>



<li>gestion des inégalités territoriales,</li>



<li>réformes structurelles de la fonction publique et de la fiscalité,</li>



<li>restauration de la confiance citoyenne envers les institutions.</li>
</ul>



<p>Alors que le pays a besoin d’un État stratège et rassembleur, les jeux politiques internes risquent d’affaiblir la stabilité institutionnelle et de freiner la mise en œuvre des réformes promises.</p>



<ol start="5" class="wp-block-list">
<li>Les avertissements de Badio Camara : des mots prophétiques</li>
</ol>



<p>Lors de la cérémonie de prestation de serment du président Faye, le Président du Conseil constitutionnel Feu Mamadou Badio Camara a livré une allocution solennelle et lucide, saluée pour sa portée républicaine. Il y a rappelé la résilience du peuple sénégalais, qui, malgré les crises et les tentatives de déstabilisation, « retombe toujours sur ses pieds », preuve de sa maturité démocratique</p>



<p>Son avertissement final résonne aujourd’hui avec gravité. Il disait je le cite : « À l’heure où surgiront les inévitables tentations du pouvoir, l’ivresse de la puissance, les démons de la division, il faudra se souvenir de la main de Dieu… »</p>



<p>Ce passage, désormais cité dans de nombreux milieux politiques et universitaires, agit comme un miroir des dérives possibles d’un pouvoir en quête d’équilibre. Badio Camara rappelle que la force du Sénégal réside dans le respect des institutions, la continuité de l’État et la fidélité aux valeurs démocratiques et spirituelles du pays.</p>



<ol start="6" class="wp-block-list">
<li>A qui profite la crise ?</li>
</ol>



<p>La question hante aujourd’hui les observateurs et tous les citoyens car derrière l’instabilité politique et la fragilité économique, plusieurs acteurs (visibles ou discrets) tirent avantage d’une situation où l’État semble vaciller.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>D’une part, les forces internes, composées notamment d’élites issues de l’ancien régime et parfois relayées par certains segments institutionnels (…), s’emploient à entretenir le doute et la défiance. Ces réseaux, fragilisés par l’alternance, tentent de regagner influence et légitimité en exploitant les failles du nouveau pouvoir, quitte à compromettre la stabilité nationale.</li>



<li>D’autre part, des forces externes (l’impérialisme économique d’une part et les mouvances jihadistes d’autre part) guettent la moindre faille. Les premières n’ont pas renoncé au contrôle des ressources naturelles stratégiques du pays, notamment à la veille de l’exploitation du pétrole et du gaz. Les secondes, en embuscade dans la région, savent toujours profiter des périodes d’incertitude et de chaos pour s’infiltrer, recruter et déstabiliser. Plus inquiétant encore, des connivences tacites entre intérêts coloniaux et groupes extrémistes apparaissent, chacun trouvant dans la déstabilisation un levier de domination ou d’influence.</li>



<li>Dans cette équation complexe, les spéculateurs financiers ne sont pas en reste : ils tirent profit de la volatilité des eurobonds sénégalais, amplifiant la vulnérabilité d’un État déjà sous pression. Et les adversaires politiques internes, eux, capitalisent sur la désunion au sommet, espérant que le désordre institutionnel serve leurs ambitions.</li>
</ul>



<p>Mais au-delà de ces bénéficiaires circonstanciels, la grande perdante demeure la Nation elle-même. L’État se fragilise, la confiance s’érode, et la cohésion nationale s’effrite. Le citoyen sénégalais en paie le prix : un pouvoir d’achat en chute libre, des réformes ralenties, et une désillusion face à une classe politique perçue comme davantage préoccupée par la conquête du pouvoir que par le destin collectif.</p>



<p>C’est pourquoi, comme le rappellent plusieurs voix « patriotiques », il faut sortir rapidement de cette impasse pour revenir à l’essentiel : restaurer la souveraineté, protéger les institutions et replacer l’intérêt général au-dessus des querelles partisanes.</p>



<p>Ainsi, la véritable question n’est pas seulement de savoir à qui profite la crise, mais jusqu’où le Sénégal peut laisser prospérer une instabilité qui enrichit quelques-uns, pendant qu’elle appauvrit tous les autres.</p>



<ol start="7" class="wp-block-list">
<li>Conclusion : pour un sursaut républicain</li>
</ol>



<p>Le Sénégal a souvent su se relever des crises grâce à la maturité de son peuple, la résilience de ses institutions et la sagesse de ses élites. Mais cette fois, la convergence des crises (économique, politique et institutionnelle) exige un sursaut collectif. Il s’agit non seulement de restaurer la crédibilité financière du pays, mais surtout de préserver l’unité nationale et l’esprit républicain que rappelait Badio Camara :</p>



<p>« Les institutions constituent des acquis fondamentaux qu’il faut préserver, renforcer et adapter, pour le bien des générations actuelles et futures. »</p>



<p>Dans un pays qui s’apprête à entrer dans l’ère du pétrole et du gaz, les «démons de la division» qu’il évoque doivent être conjurés par une union républicaine, une gouvernance éthique, et une vision partagée de l’avenir.</p>



<p>Le Sénégal ne manque ni d’intelligence, ni de ressources, ni de jeunesse. Il lui faut simplement retrouver le sens du collectif et du devoir d’État.</p>



<p>« Lorsque ceux qui te combattaient hier te rejoignent aujourd’hui, c’est souvent parce que leurs propres ambitions n’ont pas abouti. »</p>



<p><strong>Ndiaga SAMB : Sociologue – Spécialiste en développement social et en développement organisationnel. Consultant International en gouvernance, durabilité environnementale et sociale.</strong></p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Waiver du FMI : une bouffée d’air pour le Sénégal  (Par Chérif Salif SY)</title>
		<link>https://farafinanews.com/waiver-du-fmi-une-bouffee-dair-pour-le-senegal-par-cherif-salif-sy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Farafinanews]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Nov 2025 19:00:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Karantaba]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[waiver]]></category>
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					<description><![CDATA[La relation entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) traverse depuis plusieurs mois une zone de turbulences. Entre les dérapages budgétaires hérités de la période préélectorale, les tensions de trésorerie et les doutes des investisseurs, le pays risquait une situation délicate : voir une partie des décaissements du FMI requalifiée en « sommes [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>La relation entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) traverse depuis plusieurs mois une zone de turbulences. Entre les dérapages budgétaires hérités de la période préélectorale, les tensions de trésorerie et les doutes des investisseurs, le pays risquait une situation délicate : voir une partie des décaissements du FMI requalifiée en « sommes indûment reçues ». Autrement dit, être sommé de rembourser immédiatement ce qui avait déjà été versé.</p>



<p>Dans ce contexte, la perspective d’obtenir un « waiver », c’est-à-dire une dérogation, représente une véritable bouffée d’air pour l’économie nationale.</p>



<p>Qu’est-ce qu’un waiver ?</p>



<p>Un waiver est une dispense officielle que le FMI accorde à un pays lorsqu’il n’a pas respecté certains engagements inscrits dans son programme : limites de déficit, réformes prévues, gestion de la dette, transparence budgétaire, etc.</p>



<p>Sans cette dérogation, le FMI peut suspendre son programme, bloquer les nouveaux financements, voire exiger le remboursement immédiat des montants considérés comme non conformes. Avec un waiver, les décaissements passés sont validés rétroactivement et le programme continue sans rupture de financement.</p>



<p>Pourquoi le Sénégal en avait besoin ?</p>



<p>Le pays se trouvait dans une situation fragile. Les écarts budgétaires de 2023-2024, combinés aux dépenses publiques mal alignées sur le programme initial, avaient suscité l’inquiétude de la mission du FMI. L’économie sénégalaise, déjà sous pression, ne pouvait se permettre un remboursement abrupt ni une suspension du soutien financier international.</p>



<p>L’obtention d’un waiver signifierait que : les manquements sont reconnus mais jugés justifiables ou corrigibles ; le FMI fait confiance aux mesures de redressement engagées par les nouvelles autorités ; le Sénégal reste sur une trajectoire de stabilité macroéconomique.</p>



<p>Une bouffée d’air, mais aussi une responsabilité</p>



<p>Un waiver n’est pas un chèque en blanc. Il est accordé lorsque le pays présente un plan de correction crédible : meilleure discipline budgétaire, efforts de transparence, lutte contre les dépenses non prioritaires, et recentrage des investissements publics.</p>



<p>Pour le Sénégal, c’est à la fois une respiration et un signal fort : les partenaires internationaux saluent la volonté de rétablir la rigueur financière, mais attendent une exécution cohérente et durable.</p>



<p>Conclusion</p>



<p>La possibilité d’obtenir un waiver apparaît aujourd’hui comme un facteur clé pour stabiliser les finances publiques, rassurer les marchés et redonner du souffle à l’économie sénégalaise. Mais cette dérogation s’accompagne d’un impératif : transformer cette marge de manœuvre en opportunité pour renforcer la gouvernance, assainir les comptes publics et restaurer une trajectoire de croissance solide et crédible.</p>



<p><strong>Chérif Salif Sy</strong></p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Dette cachée et nouvelles conditionnalités : la transparence comme stratégie d&#8217;oubli?</title>
		<link>https://farafinanews.com/dette-cachee-et-nouvelles-conditionnalites-la-transparence-comme-strategie-doubli/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Farafinanews]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Nov 2025 12:48:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Karantaba]]></category>
		<category><![CDATA[Dette cachée]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Chérif Salif Sy Derrière les félicitations diplomatiques du FMI à l&#8217;égard du Sénégal se dessine une reconfiguration discrète des rapports financiers. Le « scandale de la dette cachée » (ces engagements publics non comptabilisés), semble éclipsé sans avoir été pleinement éclairci, tandis que la fusion inédite entre dette publique et parapublique ouvre une nouvelle [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><br><strong>Par Chérif Salif Sy</strong></p>



<p>Derrière les félicitations diplomatiques du FMI à l&rsquo;égard du Sénégal se dessine une reconfiguration discrète des rapports financiers. Le « scandale de la dette cachée » (ces engagements publics non comptabilisés), semble éclipsé sans avoir été pleinement éclairci, tandis que la fusion inédite entre dette publique et parapublique ouvre une nouvelle phase d&rsquo;ajustement budgétaire sous surveillance. Au-delà des chiffres et des déclarations, c&rsquo;est la souveraineté économique du pays qui est en jeu.</p>



<p>Contexte : un dialogue sous tension</p>



<p>Le Sénégal aborde une période cruciale de ses relations financières internationales. Alors que le pays cherche à tourner la page des scandales d&rsquo;endettement non transparent, le FMI impose une discipline budgétaire renforcée. Cette analyse décrypte les enjeux derrière le communiqué officiel du 6 novembre 2025 du FMI.</p>



<p>Une mission aux allures de réconciliation</p>



<p>Le communiqué du Fonds monétaire international (FMI) concernant le Sénégal adopte un ton apaisé, presque conciliant. La mission dirigée à Dakar par Edward Gemayel salue « la résilience » de l&rsquo;économie sénégalaise, soutenue par la première année complète de production pétrolière et gazière et par un rebond du secteur agricole.</p>



<p>Les autorités sont félicitées pour leur « transparence », leur « discipline budgétaire » et leurs « progrès en matière de gouvernance ». Cette approche conciliante du FMI constitue une opportunité dans le contexte actuel : elle permet au Sénégal de renouer le dialogue avec ses partenaires techniques et financiers dans un climat apaisé, essentiel pour attirer les investissements nécessaires à la diversification économique.</p>



<p>Pourtant, derrière cette rhétorique de coopération, le texte marque une étape cruciale : le Sénégal tente de tourner la page du scandale de la dette cachée tout en négociant un nouveau programme d&rsquo;appui avec le FMI. La modération du langage ne doit pas masquer la fermeté des conditionnalités qui accompagneront le futur programme.</p>



<p>Les limites d&rsquo;une croissance extractive</p>



<p>Le FMI estime la croissance du PIB réel à 7,9 %, dont 3,4 % hors hydrocarbures, avec une inflation maîtrisée à 1,4 %. Ces chiffres encourageants masquent une réalité moins brillante : la croissance reste très dépendante du secteur extractif, la rendant sensible aux fluctuations des prix mondiaux. Le paradoxe est frappant : une croissance apparente robuste cache une vulnérabilité structurelle. L&rsquo;économie réelle hors hydrocarbures progresse à un rythme plus modeste, révélant la faible diversification des moteurs de croissance.</p>



<p>Par ailleurs, le déficit budgétaire devrait passer de 13,4 % du PIB en 2024 à 7,8 % en 2025, puis à 5,4 % en 2026. Un ajustement spectaculaire, certes, mais qui repose sur une compression des dépenses dites « non prioritaires » (investissements sociaux et infrastructures) et sur de nouvelles taxes (jeux de hasard, transferts mobiles, foncier, suppression d&rsquo;exonérations). Ces mesures risquent d&rsquo;affecter davantage les ménages modestes et les petites entreprises que les grands bénéficiaires des niches fiscales, comme certains investisseurs du secteur des hydrocarbures qui continuent de bénéficier d&rsquo;avantages substantiels.</p>



<p>La fusion dette publique-parapublique : transparence comptable, risque souverain</p>



<p>L&rsquo;élément le plus significatif du communiqué est la décision méthodologique majeure : le regroupement des dettes publique et parapublique, qui atteint désormais 132 % du PIB (soit environ 18 000 milliards FCFA). Qu&rsquo;est-ce que la dette parapublique ? Il s&rsquo;agit des engagements des entreprises et organismes publics (comme la SONACOS dans l&rsquo;agroalimentaire ou l&rsquo;ANAMS dans les télécommunications) et des agences d&rsquo;exécution de projets. Concrètement, cela signifie que leurs engagements sont désormais comptabilisés comme dette d&rsquo;État. Si cette intégration permet une vision plus réaliste des engagements nationaux, elle alourdit mécaniquement le fardeau souverain et pourrait dégrader la notation financière du pays. Le mécanisme de fragilisation est double : augmentation apparente du stock de dette et signal de défiance sur la gestion des entreprises publiques.</p>



<p>Méthodologie de la dette cachée : le grand silence</p>



<p>Le FMI avait initialement exigé du gouvernement sénégalais qu&rsquo;il détaille la méthodologie ayant permis d&rsquo;identifier la dette cachée. Cette demande a disparu du communiqué du 6 novembre.</p>



<p>Deux interprétations sont possibles :</p>



<p>• Le gouvernement a fourni des éléments jugés suffisants en interne mais non rendus publics ;<br>• Le FMI a choisi de ne pas insister, privilégiant la stabilité politique à la clarté institutionnelle.</p>



<p>La première option permettrait un apaisement technique mais créerait un déficit démocratique. La seconde installerait un précédent dangereux de négociation opaque des normes de transparence.</p>



<p>Vers un nouveau programme sous conditions renforcées</p>



<p>Le communiqué évoque la préparation d&rsquo;un nouveau programme soutenu par le FMI, centré sur la soutenabilité budgétaire, la gestion de la dette et la gouvernance. Derrière ces termes techniques se profile un ajustement structurel d&rsquo;une nouvelle génération : réduction du déficit, réformes du secteur parapublic et supervision renforcée des politiques économiques.</p>



<p>La particularité de ce programme réside dans son approche intégrée : il ne s&rsquo;agit plus seulement de maîtriser la dette de l&rsquo;État central, mais de superviser l&rsquo;ensemble des engagements publics et parapublics, élargissant considérablement le champ d&rsquo;intervention du FMI dans la politique économique nationale.</p>



<p>Entre stabilité et vérité : le dilemme sénégalais</p>



<p>La fusion des dettes peut sembler être un pas vers plus de transparence, mais elle pourrait aussi servir de stratégie d&rsquo;oubli. La centralisation de la gestion de la dette apporte de la cohérence, mais elle concentre aussi le pouvoir et l&rsquo;information.</p>



<p>Le risque est triple :</p>



<p>• Technocratique : noyer le « scandale de la dette cachée » dans des agrégats comptables ;<br>• Politique : légitimer une concentration des décisions d&rsquo;endettement ;<br>• Social : justifier l&rsquo;austérité budgétaire par des chiffres consolidés mais peu expliqués.</p>



<p>Pour une vérité financière et une souveraineté retrouvée</p>



<p>Si le Sénégal souhaite restaurer durablement la confiance, il doit privilégier la vérité avant la consolidation. Cette approche exige cinq réformes structurelles :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Publication intégrale de l&rsquo;audit de la dette cachée : rendre publique l&rsquo;enquête complète sur les origines et responsables de la dette non comptabilisée ;</li>



<li>Création d&rsquo;une instance indépendante de surveillance de la dette : organisme autonome associant parlement, société civile et experts, avec pouvoir de veto sur les grands emprunts ;</li>



<li>Loi-cadre encadrant les emprunts publics et parapublics : plafonds d&rsquo;endettement, conditions de garanties étatiques, et mécanismes de contrôle parlementaire ;</li>



<li>Transparence sur les revenus pétroliers et gaziers : publication des contrats, des revenus et de leur affectation via une plateforme accessible à tous les citoyens ;</li>



<li>Fiscalité équitable : révision des niches fiscales au profit des PME et des ménages, et imposition plus juste des bénéfices du secteur extractif.</li>
</ol>



<p>Chaque mesure répond à un défi identifié : l&rsquo;instance indépendante prévient les détournements, la loi-cadre encadre juridiquement l&rsquo;endettement, la transparence pétrogazière assure le contrôle citoyen, et la réforme fiscale équilibre l&rsquo;effort budgétaire.</p>



<p>Conclusion : la discipline sans la vérité n&rsquo;est qu&rsquo;illusion.</p>



<p>Derrière les éloges du FMI, un message sous-jacent s&rsquo;impose : la confiance ne sera pleinement restaurée que si la discipline budgétaire est rigoureuse. Mais une discipline sans vérité n&rsquo;est qu&rsquo;une illusion comptable. Le Sénégal doit résister à la tentation de l&rsquo;oubli organisé : la fusion des dettes ne peut servir à effacer les responsabilités historiques. La reconstruction de la souveraineté économique passe par un examen lucide du passé et la création d&rsquo;institutions robustes et transparentes. Le pays se trouve à la croisée des chemins : subir les conditionnalités comme une fatalité ou les transformer en leviers pour une gouvernance renouvelée. Le véritable enjeu n&rsquo;est pas technique, mais politique : sera-t-il un État maître de sa dette, responsable devant son peuple, et souverain dans ses choix économiques ?</p>



<p>Perspective : la véritable résilience économique ne se mesure pas seulement à la croissance du PIB, mais à la capacité d&rsquo;un pays à gérer ses ressources avec transparence et à définir souverainement ses priorités de développement.</p>



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<p>ENCADRÉ MÉTHODOLOGIQUE<br>La dette cachée sénégalaise : de quoi parle-t-on ?<br>La « dette cachée » désigne les engagements financiers contractés par ou pour le compte de l&rsquo;État sans avoir été correctement enregistrés dans les documents budgétaires officiels, contournant ainsi les procédures de contrôle et les limites d&rsquo;endettement.<br>La dette parapublique en pratique (quelques exemples).<br>• Entreprises publiques : SONACOS (agroalimentaire), SDE (eau), SENELEC.<br>• Agences d&rsquo;exécution : ANIDA (développement agricole), APIX (investissements).<br>• Mécanisme de garantie : l&rsquo;État s&rsquo;engage à rembourser si l&rsquo;entité est défaillante.</p>



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<p>SYNTHÈSE<br> Le FMI salue la « résilience » de l&rsquo;économie sénégalaise, mais exige un assainissement budgétaire rapide et des réformes structurelles.<br> La fusion de la dette publique et parapublique révèle un endettement élevé (132 % du PIB) et élargit le champ de surveillance du FMI.<br> Le scandale de la dette cachée s&rsquo;estompe dans le discours technocratique, sans responsabilités établies.<br> Le futur programme du FMI s&rsquo;annonce exigeant : rigueur fiscale, recentralisation de la dette et gouvernance conditionnée.<br> Le défi pour le Sénégal : transformer ces contraintes externes en opportunité pour renforcer sa souveraineté économique par des institutions transparentes.</p>



<p></p>
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		<title>Dette souveraine : les obligations du Sénégal atteignent un niveau record de détresse (Bloomberg)</title>
		<link>https://farafinanews.com/dette-souveraine-les-obligations-du-senegal-atteignent-un-niveau-record-de-detresse-bloomberg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Farafinanews]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Nov 2025 17:33:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[JPMorgan Chase & Co]]></category>
		<category><![CDATA[obligations du Sénégal]]></category>
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					<description><![CDATA[Les marchés financiers tirent la sonnette d’alarme. Les obligations internationales du Sénégal ont atteint un niveau inédit de détresse, dépassant le seuil critique des 1 000 points de base, selon les données de JPMorgan Chase &#38; Co. Le spread (prime de risque) entre la dette sénégalaise et les bons du Trésor américain a grimpé à [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>Les marchés financiers tirent la sonnette d’alarme. Les obligations internationales du Sénégal ont atteint un niveau inédit de détresse, dépassant le seuil critique des 1 000 points de base, selon les données de JPMorgan Chase &amp; Co.</strong></p>



<p>Le spread (prime de risque) entre la dette sénégalaise et les bons du Trésor américain a grimpé à 1 077 points de base, un record historique qui place le pays parmi les émetteurs africains les plus fragilisés, aux côtés du Mozambique et du Gabon.</p>



<p>Cette tension sur les marchés s’explique par l’échec des discussions entre le Sénégal et le FMI sur un nouveau programme de financement, ainsi que par la ferme opposition du Premier ministre Ousmane Sonko à toute restructuration de la dette.<br>Résultat : les investisseurs ont massivement vendu les titres sénégalais, faisant bondir le rendement de l’obligation 2031 à 16,87 %, soit une hausse de 300 points de base en une semaine.</p>



<p>Pour Mark Bohlund, analyste chez REDD Intelligence, « une probabilité significative de restructuration est désormais intégrée dans les obligations du Sénégal », rendant impossible un retour immédiat sur les marchés internationaux.</p>



<p>Le FMI indique de son côté avoir proposé « plusieurs options » au gouvernement pour gérer ses vulnérabilités en matière de dette.<br>Mais selon Anthony Simond, gestionnaire chez Abrdn Investments, la situation reste contenue : « Le Sénégal n’est pas un problème systémique. La plupart des économies africaines affichent des perspectives solides. »</p>



<p><strong>Avec Bloomberg</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><a href="http://farafinanews.com/wp-content/uploads/2025/11/FarafinaNews-1.png"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="740" src="http://farafinanews.com/wp-content/uploads/2025/11/FarafinaNews-1-1024x740.png" alt="" class="wp-image-13386" style="width:28px;height:auto" srcset="https://farafinanews.com/wp-content/uploads/2025/11/FarafinaNews-1-1024x740.png 1024w, https://farafinanews.com/wp-content/uploads/2025/11/FarafinaNews-1-300x217.png 300w, https://farafinanews.com/wp-content/uploads/2025/11/FarafinaNews-1-768x555.png 768w, https://farafinanews.com/wp-content/uploads/2025/11/FarafinaNews-1-1536x1110.png 1536w, https://farafinanews.com/wp-content/uploads/2025/11/FarafinaNews-1.png 2019w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



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		<title>Dette du Sénégal à 132 % du PIB : un chiffre élevé, mais pas forcément insoutenable (Par Anouar AYACHE)</title>
		<link>https://farafinanews.com/dette-du-senegal-a-132-du-pib-un-chiffre-eleve-mais-pas-forcement-insoutenable-par-anouar-ayache/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Farafinanews]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Nov 2025 17:16:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Karantaba]]></category>
		<category><![CDATA[dette du Sénégal]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
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					<description><![CDATA[La récente réévaluation de la dette publique du Sénégal à 132 % du PIB a suscité de nombreuses réactions. Ce chiffre impressionne, inquiète même. Pourtant, il mérite d’être analysé avec nuance et lucidité économique.Ce ratio résulte d’une consolidation élargie des comptes publics, intégrant désormais la dette de l’État central, celle des entreprises publiques et parapubliques, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p> La récente réévaluation de la dette publique du Sénégal à 132 % du PIB a suscité de nombreuses réactions. Ce chiffre impressionne, inquiète même. Pourtant, il mérite d’être analysé avec nuance et lucidité économique.Ce ratio résulte d’une consolidation élargie des comptes publics, intégrant désormais la dette de l’État central, celle des entreprises publiques et parapubliques, ainsi que les garanties souveraines accordées par l’État. Mais ces trois catégories n’ont ni la même nature, ni le même impact sur les finances publiques.</p>



<p>Dissocier pour mieux comprendre </p>



<p>La dette de l’État central correspond aux emprunts directement contractés par le Trésor. Elle représente environ 75 à 80 % du PIB et constitue la partie effectivement budgétaire. C’est sur elle que se concentrent les analyses de soutenabilité du FMI et de la BCEAO.Viennent ensuite les dettes des entreprises publiques (SENELEC, SONES, AGEROUTE, PETROSEN, etc.), généralement adossées à des projets productifs ou à des infrastructures. Ces engagements ne deviennent un risque budgétaire que si ces entreprises ne parviennent pas à rembourser leurs emprunts. Enfin, les garanties souveraines sont des engagements potentiels : elles ne deviennent exigibles que si les bénéficiaires font défaut. Les inclure sans distinction gonfle mécaniquement le ratio global, sans effet immédiat sur la trésorerie de l’État.</p>



<p>Une dette consolidée ≠ un surendettement réel</p>



<p>Dire que le Sénégal est endetté à 132 % du PIB ne signifie donc pas qu’il est en situation de surendettement incontrôlé. Cela traduit surtout une meilleure transparence comptable, en élargissant le périmètre des engagements publics. Le véritable enjeu consiste à distinguer les dettes exigibles (État central) des dettes opérationnelles (entreprises publiques) et des engagements conditionnels (garanties). C’est cette distinction qui permettra d’évaluer la soutenabilité réelle et d’adopter une stratégie adaptée à chaque composante.</p>



<p>Le reprofilage : cibler l’essentiel</p>



<p>Le reprofilage de la dette — allongement des maturités et réduction du coût du service — ne doit pas concerner tout le stock consolidé, mais la dette budgétaire de l’État central, celle qui pèse directement sur le budget. Les dettes des entreprises publiques doivent être gérées à travers une réforme de leur gouvernance et des plans de performance. Quant aux garanties souveraines, elles n’ont pas vocation à être reprofilées tant qu’elles ne se transforment pas en dettes effectives. En pratique, le Sénégal pourrait concentrer son reprofilage sur : La dette intérieure à court terme (bons du Trésor, obligations de moins de 3 ans) pour alléger la pression de refinancement. Les eurobonds et prêts commerciaux à taux élevés, à renégocier ou refinancer à plus long terme. Les prêts bilatéraux à maturité courte (Chine, Inde, pays du Golfe) à convertir en financements concessionnels ou en partenariats sectoriels. Un tel reprofilage, sélectif et bien préparé, renforcerait la liquidité budgétaire, soutiendrait la croissance et enverrait un signal fort de crédibilité aux partenaires financiers.</p>



<p>Un enjeu de gouvernance et de confiance Internationale </p>



<p>Mais pour que cette stratégie soit crédible, il est impératif que le Sénégal et le FMI parviennent à un nouvel accord formel de programme. L’absence de validation officielle du nouveau programme réduit la portée du signal de confiance que le pays peut envoyer aux marchés internationaux. Un accord clair avec le FMI ne signifie pas soumission, mais reconnaissance de discipline macroéconomique et de transparence budgétaire. Il faciliterait :l’accès à des financements concessionnels,la réussite du reprofilage sur les marchés,et le retour de la confiance des investisseurs.En somme, sans cadre macroéconomique validé, la dette restera perçue comme risquée, même si elle est bien structurée.</p>



<p>En Conclusion</p>



<p>Le vrai danger n’est pas le chiffre de 132 %, mais la confusion entre les dettes et l’absence d’une stratégie différenciée. Le reprofilage doit cibler la dette budgétaire, pendant que la réforme de la gouvernance publique s’attaque aux dettes des entreprises d’État. Et surtout, le Sénégal doit finaliser rapidement un nouveau programme avec le FMI, afin de restaurer la confiance des marchés et d’assurer une trajectoire soutenable.Une dette bien comprise et bien gérée n’est pas une faiblesse : c’est un levier de souveraineté économique.</p>
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		<title>Bras de fer entre Dakar et le FMI sur la gestion de la dette</title>
		<link>https://farafinanews.com/bras-de-fer-entre-dakar-et-le-fmi-sur-la-gestion-de-la-dette/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Farafinanews]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Nov 2025 15:25:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Dette]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[ousmane sonko]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé mardi avoir entamé de nouvelles discussions avec le Sénégal au sujet des « importantes vulnérabilités de la dette » du pays. L’institution précise toutefois que toute décision de restructuration relèverait exclusivement des autorités sénégalaises, alors que le sujet suscite de vives tensions à Dakar. Ces discussions s’inscrivent dans [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>Le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé mardi avoir entamé de nouvelles discussions avec le Sénégal au sujet des « importantes vulnérabilités de la dette » du pays. L’institution précise toutefois que toute décision de restructuration relèverait exclusivement des autorités sénégalaises, alors que le sujet suscite de vives tensions à Dakar.</strong></p>



<p>Ces discussions s’inscrivent dans un contexte économique délicat. L’an dernier, le FMI avait gelé un programme d’aide de 1,8 milliard de dollars après que le gouvernement sénégalais eut révélé l’existence de dettes cachées, désormais évaluées à plus de 11 milliards de dollars. Cette révélation avait jeté une ombre sur la crédibilité financière du pays et provoqué l’inquiétude des marchés.</p>



<p>Le Premier ministre Ousmane Sonko a accusé ce week-end le FMI d’exercer des pressions pour forcer une restructuration de la dette, une option que son gouvernement « ne saurait accepter ». Ses déclarations ont entraîné une chute notable des obligations internationales sénégalaises dès lundi, témoignant de la nervosité des investisseurs.</p>



<p>Dans un communiqué transmis à Reuters, un porte-parole du FMI a précisé que la mission du personnel à Dakar, achevée la semaine dernière, s’inscrivait dans le cadre normal des consultations économiques.</p>



<p>« Le choix et la nature spécifique des opérations de dette, ainsi que la décision de restructurer ou non les obligations de dette, restent une décision souveraine », a-t-il insisté.</p>



<p>Pour le Fonds, il s’agit avant tout de fournir des analyses techniques et des conseils d’experts afin d’aider le Sénégal à trouver un équilibre entre la soutenabilité de sa dette et la poursuite de ses ambitions de développement.</p>



<p>Reste à savoir si le gouvernement Sonko parviendra à restaurer la confiance des marchés sans recourir à une restructuration que le FMI considère, selon plusieurs observateurs, comme de plus en plus inévitable.</p>



<p><strong>Avec Reuters</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><a href="http://farafinanews.com/wp-content/uploads/2025/11/FarafinaNews.png"><img decoding="async" width="1024" height="740" src="http://farafinanews.com/wp-content/uploads/2025/11/FarafinaNews-1024x740.png" alt="" class="wp-image-13136" style="width:28px;height:auto" srcset="https://farafinanews.com/wp-content/uploads/2025/11/FarafinaNews-1024x740.png 1024w, https://farafinanews.com/wp-content/uploads/2025/11/FarafinaNews-300x217.png 300w, https://farafinanews.com/wp-content/uploads/2025/11/FarafinaNews-768x555.png 768w, https://farafinanews.com/wp-content/uploads/2025/11/FarafinaNews-1536x1110.png 1536w, https://farafinanews.com/wp-content/uploads/2025/11/FarafinaNews.png 2019w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p></p>
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