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	<title>le Plan de redressement national Archives -</title>
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	<title>le Plan de redressement national Archives -</title>
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		<title>Sénégalaiseries (Par Ibou Fall)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Farafinanews]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Aug 2025 20:19:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Karantaba]]></category>
		<category><![CDATA[le Plan de redressement national]]></category>
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					<description><![CDATA[Le plan d’ajustement structurel qui refuse de dire son nom… Parmi nos contes traditionnels, l’un de mes préférés reste celui du baudet qui menace de mort quiconque prononce le mot « âne » en sa présence. Il existe alors quelque téméraire des environs à le défier et lui cracher à la face : « Longues [&#8230;]]]></description>
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<p>Le plan d’ajustement structurel qui refuse de dire son nom…</p>



<p>Parmi nos contes traditionnels, l’un de mes préférés reste celui du baudet qui menace de mort quiconque prononce le mot « âne » en sa présence. Il existe alors quelque téméraire des environs à le défier et lui cracher à la face : « Longues oreilles ! Courte queue ! Hi han ! ».<br>Cet art de la métaphore renvoie au « plan de redressement » que le meilleur Premier ministre de tous les temps présente ce vendredi 1er août. On dirait à s’y méprendre un plan d’ajustement structurel.<br>Bien sûr, un pays souverain ne saurait abdiquer devant les injonctions des vampires de Bretton Woods, comprenez le Fonds monétaire international et la Banque mondiale : c’est donc un État responsable, épris de vérité, dont l’addiction à la transparence est proverbiale, qui nous promet de la sueur et des larmes.<br>La faute au régime précédent, des assassins doublés de faussaires, dont les errements nous conduisent au bord du gouffre.<br>On ne remerciera jamais assez les 54 % d’électeurs de nous sauver de l’appel de l’abîme ce 24 mars 2024 par le plébiscite d’un austère inspecteur des impôts barbu et polygame, raide comme la justice, pour succéder à un chef de gang rondouillard, au regard bovin.<br>Comme il faut s’y attendre, le pays est en ruines, les comptes au rouge et les coffres si vides qu’ils font des échos. Pire, les chiffres sont truqués : les nouveaux conquérants héritent donc d’un État voyou dont les prédateurs défilent devant le parquet judiciaire financier. Il reste à peine de quoi mettre un peu de kérozène dans le coucou qui permet au président Bassirou Diomaye Faye et même occasionnellement, à son vénéré Premier ministre, de visiter les voisins en treillis.<br>Les urgences, on s’en doute, sont ailleurs…<br></p>



<p>D’abord, indemniser les victimes des exactions de la démocrature précédente. Un monstre si prompt à comploter jusqu’en dessous de la ceinture qu’on se retrouve avec près de quatre-vingts morts, dont deux fillettes brûlées dans un bus par un cocktail molotov qu’une loi d’amnistie raye jusqu’à leur passage sur terre, d’un indécent trait de plume.<br>Ensuite caser les authentiques martyrs du « Projet ». Pas tous, bien sûr. Il n’y a pas assez de places : des ministères, des directions nationales grassement payées, en plus de quelques mutations vengeresses pour assouvir les haines débordantes.<br>Dissoudre l’Assemblée nationale et redistribuer des postes, ça doit attendre le délai légal, le 13 septembre 2024 et les législatives anticipées en novembre. Y en a, à cette occasion, cent-trente déjà de casés, avec indemnités et véhicules tout-terrain en prime.<br>Elle est pas belle, la vie ?<br>Bref, maintenant que tout est en ordre, il est temps de passer aux choses sérieuses. C’est vrai, le « Projet » dont tout le monde parle, personne ne sait de quoi il retourne. Aux dernières nouvelles, les différents services du gouvernement Sonko qui planchent sur le sujet passent la main en fin de compte à Victor Ndiaye, lequel, en deux temps trois mouvements, présente un majestueux baobab censé symboliser le Sénégal en 2050.<br>Vous remarquerez que je m’abstiens de tout commentaire : les grandes douleurs sont muettes.<br>Qu’à cela ne tienne : on a certes du mal à mettre quatre mille visages sur ses auteurs, tandis que le best-seller Solutions, quant à lui, est introuvable. Mais le vénéré Premier ministre, qui ne manque pas de ressort, de retour de Chine, nous annonce la bonne nouvelle : il a un plan de redressement.<br>Sa courbette devant le mausolée de Mao lui aurait-elle transmis la science infuse et de la Sweet dans les idées ?<br></p>



<p>Toujours est-il qu’une batterie de mesures est annoncée pour, en résumé, que l’État brade quelques bijoux de famille, et les Sénégalais perforent leurs ceintures pour les serrer jusqu’au seuil de l’intolérable : dans le viseur des contrôleurs patibulaires du fisc, les marchands de cacahuètes, les vulcanisateurs crades, les gargotières crasseuses, les colporteurs de café Touba, les contrebandiers de yass, les faussaires de hamburgers, les dealeuses de fatayer, les trafiquantes de ndambé.<br>De toutes manières, il faut remettre ce pays dans le droit chemin : le temps des fonctionnaires modestes mais milliardaires est terminé. S’il y en a, par hasard, qui se retrouvent avec un patrimoine d’un demi-milliard, c’est du passé, il y a prescription.<br>C’est d’avenir qu’il s’agit à présent.<br></p>



<p>Je ne sais pas vous, mais moi je vois déjà des nuages s’amonceler à l’horizon et ça ne présage rien de bon. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on va rembobiner jusqu’en 1980.<br>L’année où Senghor rend le tablier au profit de son longiligne Premier sinistre, Abdou Diouf. C’est lors de la prestation de serment, le 1er janvier 1981 que le président de la Cour Suprême, Kéba Mbaye, ouvre le feu : « Les Sénégalais sont fatigués ! » tonne-t-il… Un mois après, c’est le ministre des Finances, Ousmane Seck, qui brûle son prédécesseur : « De 1973 à 1978, l’évolution des finances publiques a été marquée par de très graves erreurs de gestion au niveau de l’État et des services parapublics ».<br>On en oublierait presque qu’Abdou Diouf est Premier ministre de 1970 à 1980…<br>Si vous suivez son regard, vous tombez pile poil sur Babacar Bâ, ministre de l’Économie et des Finances de 1971 à 1978, qui a le mauvais goût d’être un surdoué qui passe le bac à dix-huit ans, ce qui est alors un exploit olympique : en ce temps-là, les bacheliers ordinaires tutoient la trentaine… Lorsqu’il est aux Finances, il a pour mission de créer des champions locaux. Le compte K2 logé à la BNDS est là pour ça. Il en crée à la pelle, au point de devenir la personnalité la plus courue de la République. Même quand le vendredi aux aurores il va se recueillir sur la tombe de sa défunte épouse au cimetière de Soumbedioune, à la sortie, c’est un petit monde d’affairistes qui lui fait une haie d’honneur.<br>Son pire crime ? Séduire Léopold Sédar Senghor tant et si bien qu’il traverse dans la tête du poète président l’idée d’en faire son successeur. Babacar Bâ passe ministre d’État et assure l’intérim du Premier ministre au besoin. Il aura fallu une conspiration orchestrée par Jean Collin, son prédécesseur aux Finances qui se retranche à l’Intérieur et des proches du président dont son directeur de cabinet et son adjoint, le duo Moustapha Niasse et Djibo Kâ en sus de quelques autres francs-tireurs pour freiner l’irrésistible ascension.<br>Abdou Diouf demandera la tutelle du compte K2 pour le fermer.<br>Babacar Bâ sera d’abord éloigné des deniers publics en allant aux Affaires étrangères, une manière de le couper de sa solide base du Sine-Saloum, avant d’être limogé suite à un incident public avec le… Premier ministre.<br></p>



<p>Lorsque la désenghorisation se lance, il est aussi question de broyer les barons du régime, dont Babacar Bâ. La Cour de Répression de l’Enrichissement illicite, la tristement célèbre CREI, voit le jour en juillet 1981 pour tenir en joue les pontes du senghorisme qui auraient la mauvaise idée de ne pas se soumettre au nouveau pouvoir. Quelques lampistes sont embastillés en guise d’avertissement.<br>Les autres rentrent dans les rangs à reculons.<br>Senghor est prié gentiment de rendre les clés du PS aussi et de se faire tout petit. Ses histoires de socialisme africain, c’est bien gentil, mais même s’il est court sur patte, il fait de l’ombre à l’interminable Diouf, derrière lequel se tient le chef d’orchestre, Jean-Baptiste Collin.<br>Après l’élection de 1983, le régime de Diouf se lâche : son ministre de l’Information, Djibo Kâ, dans les colonnes du Soleil, brûle leur idole, un rêveur qui met le pays à genoux à force de lubies poétiques. Il faut redresser tout ça : un plan d’ajustement structurel qui saccage tout sur son passage, surtout l’école publique, laquelle devient un enseignement au rabais, maquillé à grands coups de formules-chocs sous le vocable de l’École nouvelle dont la pire des décisions est la fermeture des internats.<br>Le dégraissage de la Fonction publique, la privatisation des entreprises nationales, la restructuration du secteur bancaire, et d’autres économies de bout de chandelle font office de plan de redressement.<br>Les banques meurent les unes après les autres, les industries les suivent au cimetière, des dizaines de milliers de Sénégalais perdent leur emploi : l’économie se résume à un grand souk sur la voie publique, tenue par le mystérieux « secteur informel » dont les têtes de proue sont des diamantaires revenus de leurs mystérieuses pérégrinations…<br></p>



<p>Il y aura comme chronogramme, le Plan à court terme de stabilisation, 1979-1980, puis celui de Redressement économique et financier, de 1980 à 1985 ; ensuite, un plan d’ajustement à moyen et long terme de 1986 à 1992.<br>La recette ? Ça généralise la TVA, augmente les droits de douane, réduit les dépenses de fonctionnement et renonce aux emprunts extérieurs. Le désengagement de l’État se traduit par la vente de ses parts en totalité ou partiellement dans les sociétés mixtes, vingt-sept au total, dont cinq banques. Quant à l’ONCAD, elle est dissoute et ses cinq mille employés sont priés d’aller se faire pendre ailleurs. Le parc automobile et les dépenses de carburant sont compressés de 40 % ; vingt-trois ambassades et représentations consulaires mettent la clé sous le paillasson ; cent cinquante assistants techniques doivent rentrer chez eux et les subventions sur le riz, l’huile, le sucre sautent. Bien entendu, les p’tits cadeaux aux entreprises sont supprimés. Et c’est à cette occasion que le timbre du passeport passe de cinq mille à vingt-mille francs.<br>Merci qui ?<br></p>



<p>Nos sourcilleux bailleurs de fonds songent même à dévaluer notre monnaie. Ce n’est pas de chance : le Sénégal n’a pas la sienne propre. Faudra convaincre les autres zèbres de l’UEMOA.<br>Si ce n’était que ça : le Code du Travail aussi est un souci… Les entreprises veulent plus de flexibilité. Comprenez qu’elles veulent virer qui elles veulent, comme elles veulent. C’est l’article 35, l’empêcheur de limoger en rond. Bien sûr, les syndicats ne se laissent pas faire…<br>Résultat des courses : une vague dévastatrice aux élections de 1988 sur laquelle surfe le Pape du « Sopi », au cours de laquelle Abdou Diouf, tout président de la République qu’il est, manque de se faire lapider à Thiès, alors que la campagne électorale touche à sa fin.<br>Pour l’instant, nos duettistes au sommet qui triment depuis un an et demi n’en sont qu’à la déclaration d’intention et les prochaines élections ne sont pas pour demain. Le FMI appréciera ?<br>Du coq à l’âne : le costume vert fluo du maire de Guédiawaye, on en parle ? Bon, tant pis…</p>
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		<title>Sénégal : un plan de redressement économique et social (PRES) centré sur le Budget, mais non sur la Dette</title>
		<link>http://farafinanews.com/senegal-un-plan-de-redressement-economique-et-social-pres-centre-sur-le-budget-mais-non-sur-la-dette/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Farafinanews]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Aug 2025 16:28:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Karantaba]]></category>
		<category><![CDATA[le Plan de redressement national]]></category>
		<category><![CDATA[Pr Amath Ndiaye]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Pr Amath Ndiaye FASEG-USEG. Le Plan de Redressement Économique et Social (PRES) présenté par le gouvernement du Sénégal pour la période 2025–2028 se veut ambitieux et centré sur une plus grande mobilisation des ressources internes. Il prévoit un effort d’ajustement de 6 400 milliards FCFA sur quatre ans, reposant principalement sur la rationalisation des [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>Par Pr Amath Ndiaye FASEG-USEG.</strong></p>



<p>Le Plan de Redressement Économique et Social (PRES) présenté par le gouvernement du Sénégal pour la période 2025–2028 se veut ambitieux et centré sur une plus grande mobilisation des ressources internes. Il prévoit un effort d’ajustement de 6 400 milliards FCFA sur quatre ans, reposant principalement sur la rationalisation des dépenses, le recyclage d’actifs publics, la mobilisation fiscale, ainsi que sur de nouveaux instruments de financement endogène.</p>



<p>Cependant, cette enveloppe – bien que substantielle – apparaît largement insuffisante au regard des besoins réels de financement de l’État pour cette même période. En effet, une estimation synthétique prenant en compte :</p>



<p>– le besoin de financement global de l’État en 2025 (déficit budgétaire + amortissement de la dette + OPEX), évalué à 5 715 milliards FCFA ;</p>



<p>– la somme des déficits budgétaires prévus sur 2026–2028, estimée à 2 925 milliards FCFA ;</p>



<p>– l’amortissement cumulé de la dette publique sur 2026–2028, évalué à 13 840 milliards FCFA, même si ce chiffre est probablement sous-estimé car fondé sur les données du Bulletin Statistique de la Dette Publique (BSDP) du premier trimestre 2024, qui ne tiennent pas encore compte des échéances issues du financement des grands projets ni du service de la dette intérieure encore impayé,</p>



<p>… donne un total cumulé de 22 480 milliards FCFA de besoins financiers sur la période 2025–2028.</p>



<p><strong>&nbsp;Un plan couvrant essentiellement le budget, mais pas la dette</strong></p>



<p>Autrement dit, le PRES constitue un plan de financement du budget, mais non de l’ensemble des obligations financières de l’État. Il ne prend pas en charge le service de la dette (principal + intérêts), qui reste, à ce jour, largement tributaire des financements extérieurs.</p>



<p>Cela signifie que, malgré l’ambition affichée de souveraineté financière et de découplage vis-à-vis des partenaires internationaux, la dépendance du Sénégal à l’égard des bailleurs extérieurs et des marchés financiers demeure intacte pour le financement de la dette publique.</p>



<p>&nbsp;<strong>Un besoin persistant de capitaux extérieurs</strong></p>



<p>Au-delà du budget et de la dette, un autre facteur structurel vient confirmer cette dépendance : le déficit courant de la balance des paiements, qui s’élevait à 2 478 milliards FCFA en 2024. Ce déséquilibre externe, nourri par un déficit commercial chronique, témoigne de la nécessité d’un afflux régulier de capitaux étrangers pour équilibrer les comptes extérieurs.</p>



<p>Dans ce contexte, le Sénégal a structurellement besoin de capitaux extérieurs, qu’ils prennent la forme d’investissements directs étrangers (IDE) ou de dettes externes bien maîtrisées. Ainsi, toute stratégie de financement exclusivement interne ne saurait suffire à couvrir durablement les besoins de financement de l’État et de l’économie.</p>



<p>Par ailleurs, l’obsession d’une souveraineté financière mal définie ne doit pas conduire à une éviction du secteur privé national des marchés de capitaux domestiques. En accaparant une bonne partie ces ressources pour financer le déficit budgétaire, l’État risquerait de renchérir le coût du crédit, d’étrangler l’investissement privé et, in fine, de ralentir la croissance économique.</p>



<p><strong>&nbsp;Une autonomie budgétaire partielle et une dépendance persistante</strong></p>



<p>Si le PRES permettrait — en théorie — de financer jusqu’à 90 % des dépenses budgétaires courantes sur ressources internes, il n’offre pas de solution structurelle à la question de l’endettement, qui reste le talon d’Achille de la stratégie financière du Sénégal. Les échéances futures, notamment en dette euro-obligataire et en dettes bilatérales contractées au cours de la dernière décennie, continueront à peser sur la trésorerie de l’État.</p>



<p>Ainsi, la véritable indépendance financière ne pourra être atteinte que si le Sénégal parvient à intégrer dans sa stratégie de redressement :</p>



<p>– un plan de restructuration de la dette publique (incluant possiblement un reprofilage ou une renégociation),</p>



<p>– un renforcement du pilotage de l’endettement dans une logique de soutenabilité,</p>



<p>– une politique vigoureuse de réduction des paiements d’intérêts, notamment par la baisse du recours aux financements non concessionnels.</p>



<p>&nbsp;En résumé , le PRES constitue une avancée importante vers la maîtrise du budget de l’État, mais il reste incomplet tant qu’il n’intègre pas de réponse claire à la problématique du financement de la dette publique et des déséquilibres extérieurs. C’est à ce niveau que se joue la stratégie de développement endogène du pays, et c’est là que réside encore la dépendance structurelle du Sénégal vis-à-vis des financements extérieurs, en particulier ceux du FMI et des marchés internationaux.</p>



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<p><strong>A propos de Professeur Amath Ndiaye</strong></p>



<p>Prof. Amath Ndiaye est un éminent économiste sénégalais, titulaire d’un Doctorat d’État en Sciences Économiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (2001) et d’un Doctorat de 3e cycle en Économie du Développement de l’Université de Grenoble, France (1987). Depuis 1987, il enseigne à la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Expert reconnu, il a collaboré avec des institutions prestigieuses telles que la Banque Africaine de Développement, la Banque Mondiale, et le FMI, se spécialisant notamment dans les domaines des taux de change, de la croissance économique, et du développement institutionnel. Il était expert-membre du comité de pilotage de la Commission de l’Union Africaine pour la Création de la Banque Centrale Africaine.. Prof. Ndiaye est l’auteur de nombreuses publications influentes, notamment sur les régimes de change et la croissance économique en Afrique de l’Ouest. Trilingue, il maîtrise le wolof, le français et l’anglais.</p>
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		<item>
		<title>Au-delà du redressement : construire un État souverain et transformateur.</title>
		<link>http://farafinanews.com/au-dela-du-redressement-construire-un-etat-souverain-et-transformateur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Farafinanews]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Aug 2025 23:10:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[le Plan de redressement national]]></category>
		<category><![CDATA[ousmane sonko]]></category>
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					<description><![CDATA[La Plan de Redressement Économique et Social (PRES) 2025-2028 présenté par le premier ministre nous offre l’occasion d’ouvrir un débat sur les fondements, les objectifs et les perspectives de redressement de notre économie. Pour mieux apprécier les enjeux du PRES, il convient, par devoir de mémoire, de revenir succinctement sur les différents pans de redressement [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>La Plan de Redressement Économique et Social (PRES) 2025-2028 présenté par le premier ministre nous offre l’occasion d’ouvrir un débat sur les fondements, les objectifs et les perspectives de redressement de notre économie. Pour mieux apprécier les enjeux du PRES, il convient, par devoir de mémoire, de revenir succinctement sur les différents pans de redressement économique qui ont jalonné l’histoire du Sénégal.<br>En pleine période de sécheresses, de chocs pétroliers et de dégradation des finances publiques, le Sénégal avait lancé un Programme de Redressement Économique et Financier (PREF) 1980-1985 adossé aux Plans de Développement Économique et Social (PDES) pour bénéficier des lignes de prêts dédiées aux ajustements structurels. Imposé par le FMI et BM, le PREF visait la stabilisation des finances publiques, l’augmentation de l’épargne nationale, l’optimisation des investissements et un désengagement progressif de l’État dans l’économie. Sa mise en œuvre reposait sur un triptyque de mesures : assainissement (fermeture des ambassades et représentations consulaires, réduction du parc automobile de l’État et réduction des subventions aux denrées de première nécessité), incitations à l’épargne et à l’investissement (élévation des taux d’intérêts) et désengagement étatique (introduction des contrats de performance et dissolution de certaines structures).<br>En dépit des sacrifices consentis, les institutions de Bretton Woods n’ont pas jugé satisfaisants les résultats du PREF, obligeant le Sénégal à adopter un Plan d’Ajustement à Moyen et Long Terme (PAMLT) 1985-1992 arrimé au Plan d’Orientation pour le Développement Économique et Social (PODES). Ce plan était axé sur la restructuration du secteur parapublic (vente des parts de l’État dans des sociétés publiques, dissolution d’autres structures et réduction prolongée des subventions), le redressement des finances publiques (gel des recrutements et hausse de certaines charges fiscales) et un plan de relance économique (nouvelles politiques agricoles et industrielles).<br>Là encore, les déséquilibres se sont creusés, conduisant à l’accumulation des arriérés de paiements et à une aggravation du déficit budgétaire. Le Plan d’urgence Sakho-Loum (1992-1995) fut le dernier plan de redressement élaboré pour restaurer les finances publiques et rétablir les avoirs extérieurs.</p>



<p>Installées en avril 2024, les nouvelles autorités ont élaboré en octobre de la même année l’Agenda National de Transformation (ANT), Vision 2050, décliné à travers un Master Plan 2025-2034, une Stratégie Nationale de Développement (SND) 2025-2029 et des Lettres de Politiques Sectorielles (LPS). En février 2025, la certification du rapport d’audit sur les finances publiques par la Cour des comptes a révélé des niveaux de déficit et d’endettement plus élevés que ceux consignés dans les travaux de l’Inspection Générale Financière (IGF). Cette situation a entraîné la suspension du programme avec le FMI. Ce dernier a demandé à l’État du Sénégal de clarifier les fausses déclarations et d’apporter des mesures correctives afin de parvenir à un nouveau programme avec décaissement. Ainsi, le gouvernement a engagé le cabinet Forvis Mazars, qui a terminé son audit préliminaire. C’est dans ce contexte que naît le PRES « Jubbanti Koom » 2025-2028.<br>Ce plan repose sur 37 mesures avec pour ambition de mobiliser 5 667 milliards de FCFA de ressources additionnelles, retrouver les équilibres budgétaires et stimuler la croissance économique. Bien que les détails complets ne soient pas encore disponibles, nous saluons la décision d’inclure un plan de relance économique. Nous encourageons cependant le gouvernement à publier dans les plus brefs délais une version exhaustive du PRES, incluant le cadre méthodologique et les projections budgétaires annualisées, nécessaires à toute évaluation rigoureuse.<br>L’une des mesures les plus salutaires à nos yeux demeure la rénovation des procédures d’exécution budgétaire, matérialisée par l’introduction de la budgétisation à base zéro dès 2026, conformément à l’instruction primatorale 00754/PM/CAB/DC. La budgétisation à zéro vise à rompre avec les pratiques budgétaires routinières de la bureaucratie et à exiger une justification rigoureuse de l’efficience de chaque dépense. De plus, l’élargissement de l’assiette fiscale au secteur numérique constitue une avancée notable. Elle est d’autant plus pertinente que notre pays peine encore à atteindre l’objectif de pression fiscale de 20 % du PIB fixé par l’UEMOA. Par ailleurs, nous nous félicitons de l’intention des autorités de recourir au capital-investissement (equity) pour financer l’économie nationale. Dans une entrevue accordée au mensuel LE MARCHÉ en novembre 2024, nous avions plaidé pour que l’IPRES, le FONSIS, la BNDE et la CDC conjuguent leurs efforts pour créer un puissant fonds de placement stratégique. Un tel levier pourrait financer des projets à forte valeur ajoutée et générer des retours sur investissement considérables. Dès lors, les nouvelles autorités doivent donc finaliser au plus vite les deux projets de loi relatifs à la souveraineté économique et à la doctrine de financement de l’économie nationale, évoqués en Conseil des ministres respectivement les 26 juin et 16 octobre 2024.<br></p>



<p>Toutefois, certaines mesures, bien que pertinentes, nécessitent des clarifications. Il s’agit notamment celles relatives à la baisse des prix des denrées, à l’apurement de la dette intérieure, à la centralisation des achats publics, à l’ouverture des marchés publics au secteur privé et à l’analyse de la dette odieuse. D’autres, comme la taxation des paris en ligne, doivent être renforcées. Cette mesure, au-delà des retombées fiscales, est un instrument de santé publique. L’addiction aux paris sportifs, reconnue comme un problème de santé mentale par l’OMS, se répand dans notre jeunesse. Malgré les contrôles dans les kiosques pour vérifier l&rsquo;âge des joueurs (18 ans minimum), les mineurs contournent la réglementation en passant par les applications mobiles de paris en ligne, moins surveillées, ce qui contribue, dans certaines zones, à l&rsquo;augmentation du décrochage scolaire et à la recrudescence du banditisme. À cela s’ajoutent les stratégies marketing des opérateurs de paris en ligne, qui ciblent délibérément la jeunesse en recrutant des influenceurs et célébrités pour des campagnes agressives et en sponsorisant massivement des événements, exacerbant ainsi l’addiction des jeunes. De ce fait, au-delà de la taxation, il est urgent de renforcer le cadre légal des paris en ligne, en s&rsquo;inspirant de pays comme la France, la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas, où les publicités pour les jeux d&rsquo;argent sont strictement encadrées pour limiter leur impact sur les jeunes. Concernant l’assouplissement de la limitation d’âge des véhicules importés, nous estimons qu’une telle mesure ne pourra être pertinente qu’après une décongestion effective de Dakar et la mise en œuvre des pôles régionaux de développement, afin de pallier les coûts économiques des embouteillages et les impacts environnementaux de la pollution.<br></p>



<p>Nous appelons également à une réflexion structurelle sur la mesure concernant la taille de l’État. La réduction du nombre d’agences ne saurait suffire. Il s’agit de procéder à une refondation (et non à une réforme) profonde de l’État, en rompant avec le modèle hérité du colonialisme pour construire un État adapté à nos réalités et ambitions. Cette refondation ne doit pas se limiter au pouvoir exécutif, mais s&rsquo;étendre aux autres pouvoirs, à savoir le judiciaire et le législatif. Il est légitime de s’interroger, par exemple, sur la pertinence d’une Assemblée nationale à 165 députés dans un pays à niveau de développement humain faible en quête de rationalisation des dépenses. En outre, il serait pertinent d’approfondir la réflexion sur la renégociation des contrats stratégiques. Bien que cette démarche soit salutaire, elle devrait être confrontée, dans certains secteurs comme l&rsquo;exploitation aurifère, à l&rsquo;option d&rsquo;une nationalisation progressive, si celle-ci garantit à long terme une meilleure rentabilité pour l&rsquo;État et une souveraineté économique accrue. En effet, un gouvernement de souveraineté ne doit pas se contenter systématiquement de la renégociation mais doit explorer toutes les options qui se présentent pour l&rsquo;intérêt supérieur de la nation. Cependant, nous relevons une limite majeure du PRES : la volonté de ramener le déficit budgétaire à 3 % du PIB d’ici 2027, ce qui implique une réduction des investissements publics surtout ceux financés sur ressources internes (baisse de 33 % en 2026 et 27 % en 2027 si les projections du DPBEP 2026-2028 sont maintenues). Une telle orientation, conforme aux critères de convergence de l’UEMOA, nous semble contreproductive dans le contexte sénégalais. L&rsquo;investissement public reste un levier incontournable de relance économique, grâce à son effet multiplicateur sur la production et la consommation. Nous tenons à rappeler que les critères de convergence de l&rsquo;UEMOA s&rsquo;inspirent des critères de Maastricht de l&rsquo;Union européenne. D’ailleurs, cette dernière se retrouve face à des États membres, autrefois modèles de rigueur budgétaire, qui assument désormais des déficits prolongés pour soutenir leur économie. L’Allemagne, pour ne citer qu’elle, a lancé un plan d’investissement massif qui rompt avec l’orthodoxie budgétaire d’ici 2029. Les autorités sénégalaises doivent éviter donc de restaurer à tout prix l&rsquo;équilibre budgétaire d&rsquo;ici 2027, au risque d&rsquo;asphyxier l’économie et de différer indûment le soulagement des populations. Il est également regrettable que le volet monétaire soit absent du PRES. Or, l&rsquo;efficacité d&rsquo;un plan de redressement économique requiert impérativement l&rsquo;articulation avec une politique monétaire adéquate, constituant ainsi un policy mix cohérent. Selon le gouvernement, des discussions seraient en cours dans le cadre de l’UEMOA sur des réformes monétaires favorables aux États membres. Il nous paraît donc essentiel que les autorités sénégalaises informent le public sur l&rsquo;avancée de ces négociations, au regard des récents développements géopolitiques au sein de l&rsquo;UEMOA. La question de l’avenir du Sénégal dans la zone FCFA, voire la sortie de cette dernière, mérite d’être posée de manière claire, méthodique et stratégique.</p>



<p>Le Jubbanti Koom 2025-2028 constitue une réponse à moyen terme à la crise multidimensionnelle actuelle. Cette ambition nécessite une transformation profonde du modèle économique hérité, un élargissement de notre souveraineté dans des domaines clés ainsi qu&rsquo;une refonte de la structure de l’État. En définitive, le défi majeur de tout plan de redressement économique et social réside dans sa mise en œuvre effective, qui exige à la fois une volonté politique ferme, des capacités institutionnelles adaptées et l&rsquo;adhésion des acteurs concernés.<br></p>



<p><strong>El Hadji Abdoulaye Seck</strong><br><strong>Économiste-chercheur à l’école nationale d’administration publique du Québec</strong></p>
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		<title>Optimisation et élargissement de l&#8217;Assiette Fiscale : pilier indispensable du redressement économique et social du Sénégal (Par le Dr Seydina Oumar SEYE)</title>
		<link>http://farafinanews.com/optimisation-et-elargissement-de-lassiette-fiscale-pilier-indispensable-du-redressement-economique-et-social-du-senegal-par-le-dr-seydina-oumar-seye/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Farafinanews]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Aug 2025 19:43:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Karantaba]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Oumar Seye]]></category>
		<category><![CDATA[le Plan de redressement national]]></category>
		<category><![CDATA[ousmane sonko]]></category>
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<p>Dakar, le 01 août 2025, alors que le gouvernement sénégalais dévoile un ambitieux Plan de Redressement Économique et Social (2025-2028) mobilisant 4.6 trillions FCFA (8,16 milliards USD) sans alourdir la dette, une mesure phare cristallise autant les espoirs que les défis : l&rsquo;élargissement de l&rsquo;assiette fiscale. Dans un contexte marqué par une dette publique record (75% du PIB) et un déficit budgétaire persistant (12% du PIB), cette stratégie n&rsquo;est plus une option, mais une impérieuse nécessité pour financer la souveraineté économique et la justice sociale promises par l&rsquo;administration Faye-Sonko.</p>



<p>Le Contexte Urgent : Une Marge de Manœuvre Budgétaire Étroite</p>



<p>Le diagnostic économique du Sénégal en 2025 est paradoxal. D&rsquo;un côté, une croissance économique dynamique, dopée par l&rsquo;exploitation naissante du pétrole et du gaz (champ de Sangomar, projet Greater Tortue Ahmeyim), devrait propulser le PIB réel à 8-10,1% en 2025 après 6,1% en 2024. L&rsquo;inflation est maîtrisée (0,7% en juillet 2024 contre 5,9% en 2023), et la stabilité politique post-élection de 2024 offre un cadre réformiste porteur, incarné par le plan Sénégal 2050.</p>



<p>De l&rsquo;autre, les vulnérabilités structurelles sont criantes :<br>Le fardeau de la dette dépasse le seuil de surendettement de la CEDEAO, exacerbé par la découverte de « dettes cachées » héritées, entraînant une suspension du programme du FMI.<br>Le déficit budgétaire abyssal (12% du PIB) grève les capacités d&rsquo;investissement de l&rsquo;État.<br>La pauvreté persiste (36,3% de la population sous le seuil en 2022) et le chômage des jeunes (19,5% en 2023) alimente une émigration clandestine massive.<br>Le capital humain reste fragile (taux d&rsquo;alphabétisation à 40%, espérance de vie à 68 ans).</p>



<p>Dans ce paysage, le gouvernement a fait un pari audacieux : financer 90% de son plan de redressement par des ressources internes, rejetant une nouvelle spirale d&rsquo;endettement. L&rsquo;élargissement de l&rsquo;assiette fiscale devient ainsi le nerf de la guerre économique.</p>



<p>L&rsquo;Élargissement de l&rsquo;Assiette Fiscale : Plus qu&rsquo;une Mesure, une Stratégie de Souveraineté</p>



<p>Le plan présenté par le Premier Ministre Ousmane Sonko ne repose pas sur une simple hausse des taux existants, jugée étouffante pour une économie encore informelle à plus de 40%. Il s&rsquo;articule autour de trois axes majeurs pour élargir la base taxable :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Réduction des Exemptions Fiscales « Contre-Performantes » : Le gouvernement cible spécifiquement des secteurs jugés sous-taxés ou bénéficiant d&rsquo;avantages disproportionnés. L&rsquo;économie numérique (plateformes, services en ligne) et l&rsquo;industrie du tabac sont explicitement mentionnées. Il s&rsquo;agit de capter une partie de la valeur créée dans ces secteurs en croissance, mais dont la contribution fiscale ne reflète pas toujours l&rsquo;activité réelle. Selon les estimations, la rationalisation des niches pourrait libérer des centaines de milliards de FCFA.</li>



<li>Modernisation et Extension du Champ de Collecte : L&rsquo;accent est mis sur l&rsquo;amélioration de l&rsquo;efficacité de l&rsquo;administration fiscale (DGI) pour réduire les fuites et la fraude. Cela passe par un renforcement des contrôles, une meilleure exploitation des données (notamment issues de la transition numérique) et l&rsquo;intégration progressive d&rsquo;activités du secteur informel dans le circuit formel, via des régimes fiscaux simplifiés et incitatifs. Parallèlement, de nouvelles sources de revenus non-fiscaux sont activées, comme l&rsquo;augmentation significative des frais de visa pour les non-résidents, une mesure directe d&rsquo;élargissement du périmètre de contribution à l&rsquo;effort national.</li>



<li>Optimisation des Revenus des Ressources Naturelles : Bien que distincte d&rsquo;une fiscalité classique, la renégociation agressive des contrats pétroliers et miniers menée par le gouvernement s&rsquo;inscrit dans la même logique : maximiser la capture de la rente économique par l&rsquo;État sénégalais pour financer son développement. Les gains escomptés sont colossaux : 884 milliards FCFA (1,47 milliard USD) entre 2025 et 2028. Cette manne, combinée aux revenus directs attendus de la production (plus de 1 milliard USD/an), doit directement contribuer à combler le déficit et financer les priorités sociales.</li>
</ol>



<p>Les Enjeux Cruciaux : Équité, Croissance et Acceptabilité Sociale.</p>



<p>L&rsquo;élargissement de l&rsquo;assiette n&rsquo;est pas sans défis majeurs :</p>



<p>L&rsquo;Équité et la Justice Fiscale : Comment garantir que l&rsquo;effort supplémentaire repose davantage sur les grandes entreprises et les secteurs rentables, et non sur les ménages modestes ou les TPE déjà vulnérables ? Le gouvernement promet un ciblage précis (numérique, tabac) et la préservation des bas revenus. La crédibilité de cette promesse repose sur une transparence absolue dans l&rsquo;attribution et la suppression des exemptions et sur la publication des audits des contrats pétroliers.<br>L&rsquo;Impact sur la Compétitivité et l&rsquo;Investissement : Une fiscalité perçue comme confiscatoire ou imprévisible pourrait dissuader l&rsquo;investissement privé, essentiel à la diversification économique. Le défi est de trouver le point d&rsquo;équilibre : élargir la base sans étouffer la croissance naissante, notamment dans les secteurs porteurs comme l&rsquo;agroalimentaire ou les énergies renouvelables visées par le partenariat JETP (40% d&rsquo;énergies renouvelables d&rsquo;ici 2030).<br>La Lutte contre l&rsquo;Évasion et la Fraude Fiscales : L&rsquo;élargissement théorique de l&rsquo;assiette ne sert à rien sans une administration fiscale renforcée, technologiquement équipée et intègre. La modernisation de la DGI est un prérequis incontournable pour traquer les flux illicites et les montages complexes.<br>L&rsquo;Acceptabilité Sociale et Politique : Expliquer et justifier ces réformes à une population où plus d&rsquo;un tiers vit dans la pauvreté est crucial. Le gouvernement doit démontrer clairement le lien entre les recettes supplémentaires et les investissements sociaux tangibles : extension des programmes de protection sociale (SASPP, Yokk Koom Koom, Bourses de Sécurité Familiale), accès universel à l&rsquo;éducation et à la santé, création d&#8217;emplois pour les jeunes. L&rsquo;adhésion populaire dépendra de cette traçabilité et de résultats visibles rapidement.</p>



<p>La Pertinence au Cœur du Redressement : Financement de l&rsquo;Urgence Sociale et de la Transformation</p>



<p>La pertinence de cette stratégie est multiple :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Réduction Structurelle du Déficit et de la Dette : Seules des recettes domestiques accrues et pérennes permettront de ramener le déficit budgétaire à l&rsquo;objectif ambitieux de 3% du PIB d&rsquo;ici 2027, et d&rsquo;alléger le poids de la dette à moyen terme. Les revenus pétroliers, bien que significatifs, restent volatils et liés aux cours mondiaux.</li>



<li>Financement des Priorités Sociales : Les besoins sont immenses : lutte contre la pauvreté et les inégalités (notamment de genre et spatiales), résorption du chômage des jeunes, amélioration drastique du capital humain (éducation, santé). L&rsquo;élargissement de l&rsquo;assiette est le levier indispensable pour dégager les fonds nécessaires à l&rsquo;extension et à l&rsquo;amélioration des filets sociaux et des services publics, sans dépendre de l&rsquo;aide extérieure.</li>



<li>Consolidation de la Souveraineté Économique : Financer 90% du redressement en interne est un acte politique fort d&rsquo;affirmation de souveraineté. Cela réduit la vulnérabilité aux conditionnalités des bailleurs et permet de définir ses propres priorités de développement, comme le prévoit le plan Sénégal 2050 (croissance à 6,5% en moyenne, augmentation de 50% des revenus moyens d&rsquo;ici 2029).</li>



<li>Équité et Cohésion Sociale : Une assiette élargie et bien ciblée peut contribuer à une meilleure redistribution des richesses, notamment celles générées par les hydrocarbures et les secteurs modernes, vers les populations et les territoires marginalisés. Une fiscalité plus juste est un pilier de la justice sociale.</li>
</ol>



<p>Conclusion : Un Impératif aux Risques Maîtrisés</p>



<p>L&rsquo;élargissement de l&rsquo;assiette fiscale n&rsquo;est pas une simple mesure technique budgétaire. C&rsquo;est une pièce maîtresse de la stratégie de redressement économique et social du Sénégal en 2025. Sa pertinence est indéniable face à l&rsquo;urgence des défis financiers et sociaux. Les réformes annoncées (chasse aux exemptions, taxation du numérique, frais de visa, renégociation minière, modernisation de la collecte) vont dans le bon sens.</p>



<p>Cependant, son succès et sa soutenabilité dépendront de la capacité du gouvernement à conjuguer efficacité économique et justice sociale. Une mise en œuvre transparente, équitable, accompagnée d&rsquo;une communication claire sur l&rsquo;utilisation des recettes pour améliorer concrètement les conditions de vie (santé, éducation, protection sociale, emploi) et investir dans l&rsquo;avenir (diversification, transition énergétique, capital humain) sera déterminante pour garantir l&rsquo;adhésion des citoyens et des acteurs économiques. Si ces défis sont relevés, cette politique fiscale audacieuse pourrait bien être le socle sur lequel le Sénégal bâtira une prospérité inclusive et durable, devenant un modèle de redressement autofinancé en Afrique de l&rsquo;Ouest. Le chemin est étroit, mais l&rsquo;enjeu – la souveraineté économique et le bien-être des Sénégalais – en vaut la peine.</p>



<p><strong>Dr seydina Oumar Seye</strong></p>



<p></p>
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		<title>Ousmane Sonko annonce un gouvernement resserré pour accompagner le Plan de redressement national</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Farafinanews]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Aug 2025 12:13:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[le Plan de redressement national]]></category>
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<p>Lors de la présentation du Plan de redressement national ce 1er août, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé la mise en place d’un gouvernement réduit et ciblé. Cette décision, validée par le président de la République, vise à renforcer l’efficacité de l’action publique.</p>



<p>Selon Sonko, cette équipe « mature » réunira les ministères clés chargés des domaines prioritaires du plan, afin d’accélérer la mise en œuvre des réformes et de garantir une gouvernance plus performante.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><a href="https://farafinanews.com/wp-content/uploads/2025/07/miniature-5.png"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://farafinanews.com/wp-content/uploads/2025/07/miniature-5-1024x683.png" alt="" class="wp-image-8465" style="width:30px;height:auto" srcset="http://farafinanews.com/wp-content/uploads/2025/07/miniature-5-1024x683.png 1024w, http://farafinanews.com/wp-content/uploads/2025/07/miniature-5-300x200.png 300w, http://farafinanews.com/wp-content/uploads/2025/07/miniature-5-768x513.png 768w, http://farafinanews.com/wp-content/uploads/2025/07/miniature-5.png 1386w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p></p>
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