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	<title>Canada Archives -</title>
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	<title>Canada Archives -</title>
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		<title>Le Canada annonce à son tour son «intention» de reconnaître l&#8217;État de Palestine en septembre à l&#8217;ONU</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Farafinanews]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 Jul 2025 01:01:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
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					<description><![CDATA[Comme la France et le Royaume Uni ces derniers jours, le Canada a lui aussi annoncé son « intention » de reconnaître l&#8217;État de Palestine à l&#8217;occasion de la prochaine Assemblée générale de l&#8217;ONU au mois de septembre. Une déclaration qui a immédiatement suscité la colère d&#8217;Israël pour qui elle entre dans le cadre d&#8217;une « campagne de pression [&#8230;]]]></description>
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<p>Comme la France et le Royaume Uni ces derniers jours, le Canada a lui aussi annoncé son « <em>intention</em> » de reconnaître l&rsquo;État de Palestine à l&rsquo;occasion de la prochaine Assemblée générale de l&rsquo;ONU au mois de septembre. Une déclaration qui a immédiatement suscité la colère d&rsquo;Israël pour qui elle entre dans le cadre d&rsquo;une « <em>campagne de pression internationale déformée </em>».</p>



<p>Après la&nbsp;<strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/france/20250724-la-france-va-reconna%C3%AEtre-l-%C3%A9tat-de-palestine">France</a></strong>&nbsp;et le&nbsp;<a href="https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20250729-le-royaume-uni-se-dit-pr%C3%AAt-%C3%A0-reconna%C3%AEtre-l-%C3%A9tat-de-palestine-en-septembre"><strong>Royaume-Uni</strong></a>, le Canada. Ottawa&nbsp;«&nbsp;<em>a l&rsquo;intention</em>&nbsp;» de reconnaître l&rsquo;État de Palestine lors de la prochaine Assemblée générale des Nations unies qui aura lieu au mois de septembre à New York, a annoncé le Premier ministre canadien&nbsp;<strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/mark-carney/">Mark Carney</a></strong>, mercredi 30 juillet.&nbsp;</p>



<p>«&nbsp;<em>Le Canada a l&rsquo;intention de reconnaître l&rsquo;État de la Palestine lors de la 80e session de l&rsquo;Assemblée générale des Nations unies en septembre 2025</em>&nbsp;», a déclaré celui-ci lors d&rsquo;une conférence de presse dans la capitale canadienne. Soulignant que «&nbsp;<em>le niveau de souffrance humaine à Gaza est intolérable et se détériore rapidement</em>&nbsp;», Mark Carney a aussi expliqué qu&rsquo;il jugeait ce changement de politique nécessaire pour préserver l&rsquo;espoir d&rsquo;une solution à deux États.</p>



<p>Alors que le président de l&rsquo;Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, parle d&rsquo;une décision « <em>historique </em>» et « <em>courageuse</em> » « <em>qui renforcera la paix, la stabilité et la sécurité dans la région</em> », l&rsquo;État hébreu l&rsquo;a, lui, immédiatement condamnée. Dans un communiqué, l&rsquo;ambassade d&rsquo;<strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/isra%C3%ABl/">Israël</a></strong> au Canada estime qu&rsquo;elle entre dans le cadre d&rsquo;une « <em>campagne de pression internationale déformée</em> » venant « <em>durcir la position du Hamas à la table des négociations à un moment critique</em> ». « <em>Reconnaître un État palestinien en l&rsquo;absence d&rsquo;un gouvernement responsable, d&rsquo;institutions fonctionnelles ou d&rsquo;un leadership bienveillant, c&rsquo;est récompenser et légitimer la barbarie monstrueuse du Hamas le 7 octobre 2023</em> », ajoute-t-elle.</p>



<p>La « <em>possibilité d&rsquo;une solution à deux États s&rsquo;érode sous nos yeux </em>»</p>



<p>Israël a récemment eu des réactions similaires lorsque Paris et Londres ont eux-aussi annoncé leur intention de reconnaître l&rsquo;État de Palestine ou à la suite des déclarations du président&nbsp;<a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/emmanuel-macron/"><strong>Emmanuel Macron</strong></a>. Une telle décision «&nbsp;<em>récompense la terreur</em>&nbsp;» avait alors déclaré le Premier ministre israélien&nbsp;<strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/benyamin-netanyahu/">Benyamin Netanyahu</a></strong>, tandis que le président américain&nbsp;<strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/donald-trump/">Donald Trump</a></strong>&nbsp;l&rsquo;avait jugée inutile.</p>



<p>En franchissant le pas de la reconnaissance, le Canada est motivé par sa conviction «&nbsp;<em>de longue date</em>&nbsp;» en faveur d&rsquo;une solution à deux États au conflit israélo-palestinien qui dure depuis des décennies, a justifié son Premier ministre.&nbsp;«&nbsp;<em>Cette possibilité d&rsquo;une solution à deux États s&rsquo;érode sous nos yeux&nbsp;</em>», a-t-il encore déclaré, en faisant&nbsp;référence à «&nbsp;<em>l&rsquo;incapacité persistante</em>&nbsp;» d&rsquo;Israël à empêcher une catastrophe humanitaire à Gaza, ainsi qu&rsquo;à l&rsquo;expansion des colonies en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est annexée par l&rsquo;État hébreu.</p>



<p>«&nbsp;<em>Pendant des décennies, on a espéré que&nbsp;</em>[la solution à deux États]<em>&nbsp;serait réalisée dans le cadre d&rsquo;un processus de paix fondé sur un accord négocié entre le gouvernement israélien et l&rsquo;Autorité palestinienne</em>&nbsp;», mais&nbsp;«&nbsp;<em>malheureusement, cette approche n&rsquo;est plus tenable</em>&nbsp;», a-t-il encore affirmé.&nbsp;</p>



<p>À la suite de cette annonce, la France, par la voix du palais de l&rsquo;Élysée, a salué sans attendre la décision d&rsquo;Ottawa. «&nbsp;<em>Nous nous réjouissons de pouvoir travailler de concert avec le Canada pour relancer une perspective de paix dans la région</em>&nbsp;», a indiqué la présidence française qui a fait savoir également que Paris allait «&nbsp;<em>poursuivre&nbsp;</em>[ses]&nbsp;<em>efforts pour que d&rsquo;autres rejoignent cette dynamique dans la perspective de l&rsquo;Assemblée générale&nbsp;</em>[de l&rsquo;ONU]&nbsp;<em>».&nbsp;</em>Celle-ci a enfin déclaré qu&rsquo;Emmanuel Macron s&rsquo;était entretenu avec le Premier ministre canadien Mark Carney «&nbsp;<em>un peu plus tôt dans la journée&nbsp;</em>» de cette question.</p>



<p><strong>RFI</strong></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Où va le Sénégal ? (Par le Dr Moussa SARR)</title>
		<link>http://farafinanews.com/ou-va-le-senegal-par-le-dr-moussa-sarr/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Farafinanews]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Jul 2025 12:17:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Karantaba]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Moussa Sarr]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[Il y a quelques heures, j’écoutais There’s No Cure for Love de Leonard Cohen dans ma voiture, en revenant du centre ville de Québec. La lumière tombait doucement sur le paysage québécois, et les paroles de cette chanson, que je connais par cœur, me sont apparues soudainement comme une résonance intime à une question qui [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Il y a quelques heures, j’écoutais There’s No Cure for Love de Leonard Cohen dans ma voiture, en revenant du centre ville de Québec. La lumière tombait doucement sur le paysage québécois, et les paroles de cette chanson, que je connais par cœur, me sont apparues soudainement comme une résonance intime à une question qui m’habite depuis toujours : Où va le Sénégal ? Une question qui m&rsquo;est revenue aprés avoir vu le post d&rsquo;Elimane Haby Kane. Un ami internaute de Facebook. Donc, un ami noosphérique que je salue en passant. Question simple, mais chargée de tous les poids, tous les élans, toutes les colères et tous les espoirs de ceux qui, comme moi, vivent avec un pays dans le cœur tout en ayant les deux pieds dans un autre.</p>



<p>Je vis au Canada depuis des décennies (1994). Ce pays, je ne l’ai pas simplement choisi : il m’a accueilli, nourri, offert des responsabilités politiques, universitaires, scientifiques. Il m’a permis de vivre ce que j’appelle parfois, avec un brin d’ironie, « ma deuxième patrie cognitive ». Mais le Sénégal, lui, n’a jamais quitté ma mémoire active. Il reste la première résonance de ma conscience historique, le socle de ma subjectivité, le référent de toute altérité. On ne peut guérir de l’amour, disait Cohen. Je dirais plus radicalement : on ne guérit pas de son pays. Il vous poursuit, vous interpelle, vous réclame, vous convoque dans les moments où il tente de se redéfinir. Et c’est précisément le cas aujourd’hui.</p>



<p>La question posée aux étudiants de Licence 3 à l’Université Cheikh Anta Diop — l’un de mes alma mater (1981) — est d’une pertinence implacable. Elle appelle à la lucidité, au courage, à l’exigence intellectuelle. Elle exige surtout de ne pas se contenter des slogans politiques ou des modèles empruntés. Elle appelle à penser depuis le pays. C’est dans cette disposition que j’y réponds, avec humilité en considérant ma longue absence, à la fois avec le cœur et avec la rigueur d’un chercheur en sociologie de la connaissance, d’un théoricien de la prospective, d’un analyste stratégique de la transformation des régimes politiques. Mais je le ferai aussi comme un homme qui sait que l’amour du pays n’est pas une posture mais une charge.</p>



<p>I. Penser depuis l’amour, penser depuis la douleur</p>



<p>Le Sénégal n’est pas un pays en perdition. Mais c’est un pays en flottement. Un pays dont les énergies profondes sont souvent empêchées par des appareils étatiques qui confondent transformation et transferts de pouvoir, rupture et vengeance, refondation et retour de flamme. Nous avons une jeunesse brillante, connectée, indocile, en quête d’avenir. Mais cette jeunesse est piégée dans une architecture étatique héritée du XIXe siècle, dans un modèle de gouvernance hérité du mimétisme colonial, dans un imaginaire politique qui recycle les mots sans les sens.</p>



<p>Il y a des moments où les nations doivent s’arrêter et se regarder en face. Pas pour faire de la nostalgie, ni pour écrire un programme de gouvernement, mais pour se dire la vérité nue. Le Sénégal n’a pas encore tranché avec l’idée qu’il pouvait simplement s’améliorer à la marge. Il hésite encore à faire ce saut qualitatif vers une vision ontologiquement nouvelle. Et c’est là que commence la vraie prospective. Une prospective qui ne se contente pas de projeter les tendances, mais qui interroge les fondements mêmes de notre présence au monde, notre rapport au possible, au temps, et à l’intelligibilité du futur. Or, au Sénégal, malgré une volonté manifeste de transformation – que l’on pourrait qualifier de dogmatique tant elle semble porter une foi dans le pouvoir structurant des institutions rénovées – cette dynamique reste enfermée dans les paradigmes classiques du développement.</p>



<p>Mais avant d’aller trop vite aux conclusions, laissez-moi vous introduire à une approche que je travaille depuis des années, une approche que j’ai forgée au croisement de la sociologie critique, des systèmes cognitifs et de la pensée stratégique : la convergence anticipatoire.</p>



<p>Cette théorie trouve une de ses sources dans les travaux de Ray Kurzweil, inventeur, futurologue et directeur de l’ingénierie chez Google, connu pour ses projections audacieuses sur l’évolution exponentielle de la technologie. Dans The Singularity Is Near (2005), Kurzweil défend l’idée qu’à mesure que les technologies s’auto-amplifient, l’humanité s’approche d’un point de bascule historique : la singularité technologique, où l’intelligence artificielle dépassera l’intelligence humaine et reconfigurera toutes les sphères de l’existence.</p>



<p>Si cette vision est contestée, elle a néanmoins le mérite de poser une exigence intellectuelle majeure : penser le futur comme un régime de rupture, non comme simple continuité améliorée du présent. C’est précisément à partir de cette nécessité que j’ai articulé la convergence anticipatoire, en lui conférant une inflexion sociologique, politique et cognitive propre aux défis de nos sociétés africaines.</p>



<p>Là où Kurzweil parle d’une convergence NBIC (nano-bio-info-cogno) technologique, je propose une convergence ontologique entre quatre dimensions fondamentales :</p>



<p>Le réel (ce qui est)</p>



<p>Le possible (ce qui peut être)</p>



<p>Le souhaitable (ce qui doit être)</p>



<p>Le pensable (ce qui peut être intelligible par une société donnée)</p>



<p>La crise contemporaine – au Sénégal comme ailleurs – vient souvent du décrochage entre ces régimes de réalité. L’État planifie, mais la société n’adhère pas. Le discours politique promet, mais l’imaginaire collectif n’y croit plus. Le Sénégal, aujourd’hui, est à un carrefour où il doit réconcilier ces régimes, faute de quoi ses ambitions resteront suspendues dans l’air sans prise sur le réel.</p>



<p>C’est ce que nous allons maintenant explorer, en appliquant cette grille à la trajectoire actuelle du pays à l’horizon 2050.</p>



<p>II. La convergence anticipatoire : une grammaire pour l’avenir</p>



<p>Depuis plusieurs années, j’ai développé donc cette théorie. Elle est née de la nécessité de penser autrement les processus sociaux, politiques et cognitifs à l’ère de la noosphère. Contrairement aux approches linéaires de la prospective qui se contentent de projeter les tendances passées, la convergence anticipatoire propose une lecture synchronique et diachronique de la transformation. Elle postule que toute société doit identifier, articuler et mettre en cohérence quatres formes de régimes : le régime du réel (ce qui est), le régime du possible (ce qui peut advenir), le régime du souhaitable (ce que l’on veut advenir) et le pensable (ce qui peut être intelligible par une société donnée).</p>



<p>La force de cette théorie est qu’elle ne sépare pas la connaissance du devenir. Elle considère que la transformation sociale ne résulte pas d’une simple volonté politique ou d’un investissement économique, mais d’un alignement stratégique entre la mémoire, la vision et l’action. Cette convergence ne se décrète pas : elle se travaille, se cultive, se construit. Elle suppose une culture politique anticipatrice, une capacité à penser les ruptures, à préfigurer les bifurcations, à inscrire l’action dans des régimes de sens partagés.</p>



<p>III. Appliquer la convergence anticipatoire au Sénégal</p>



<p>Appliquer cette grille au Sénégal revient à quatre diagnostics majeurs.</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Le régime du réel : Le pays vit aujourd’hui une reconfiguration politique inédite. L’élection récente d’un pouvoir jeune, incarné par des figures dites de la rupture, crée une nouvelle attente sociétale. Toutefois, la structure de l’État reste profondément administrative, centralisée, peu flexible, et encore fondée sur une logique néo-jacobine. Le système éducatif, la justice, l’agriculture, l’industrie, la recherche scientifique fonctionnent dans des logiques héritées. Le réel est donc marqué par une tension entre des promesses symboliques et des structures obsolètes.</li>



<li>Le régime du possible : Ce régime dépend de notre capacité à créer des scénarios alternatifs crédibles. Cela signifie poser des hypothèses fortes : et si le Sénégal devenait un pôle africain de souveraineté numérique ? Et si le pays se dotait d’un réseau de cités éducatives post-diplômantes adossées à ses territoires culturels ? Et si la diaspora, considérée comme une marge, devenait un organe constitutif du pouvoir stratégique ? Ces possibles existent. Mais ils exigent une ingénierie cognitive, une planification systémique et une gouvernance distribuée.</li>



<li>Le régime du souhaitable : Le souhaitable ne peut pas être uniquement formulé par les cercles étatiques ou les plans quinquennaux. Il doit émerger d’un débat national, inclusif, ancré dans nos valeurs mais ouvert à l’inconnu. Le souhaitable, au Sénégal, devrait inclure la justice sociale, la souveraineté cognitive, la territorialisation des politiques publiques, l’égalité des chances, la dignité des ruraux, la révolution écologique, le respect du sacré. Ce régime du souhaitable n’est pas une utopie : c’est une exigence stratégique.</li>



<li>Le régime du pensable – ce qui peut être compris, intégré, approprié par une société à un moment donné de son histoire cognitive. Il s’agit de la capacité collective d’intelligibilité, qui conditionne la réception d’une transformation. Un projet peut être techniquement possible et éthiquement souhaitable, mais s’il n’est pas pensable, c’est-à-dire s’il ne peut pas s’inscrire dans le langage symbolique, les cadres de compréhension ou les matrices culturelles d’un peuple, il échouera ou sera violemment rejeté.</li>
</ol>



<p>Ce quatrième diagnostic, souvent négligé dans les approches prospectives classiques, est pourtant central. C’est lui qui explique pourquoi certains modèles échouent même lorsqu’ils sont bien financés, bien intentionnés et bien planifiés : la société ne les comprend pas, ne les désire pas ou les associe à une dépossession cognitive.</p>



<p>La convergence anticipatoire repose ainsi sur l’idée que ces quatre régimes doivent se synchroniser pour qu’une transformation sociale ou politique soit viable, stable et légitime. Le Sénégal, à l’heure de son agenda 2050, doit relever ce défi intégral, sous peine d’accumuler des projets brillants mais déconnectés de la mémoire profonde du pays, de ses rythmes sociaux réels, et de ses cadres d’intelligibilité collective.</p>



<p>IV. Tester la convergence : face à l’agenda transformationnel de l’État</p>



<p>Les nouvelles autorités parlent d’agenda transformationnel, d’horizon 2050, de rupture, de réforme. Ces mots, en eux-mêmes, sont porteurs d’ambition. Mais leur performativité dépend du système sémantique dans lequel ils sont inscrits. Autrement dit : transformer quoi, pourquoi, avec qui, et au nom de quelle vision du monde ?</p>



<p>À l’aune de la convergence anticipatoire, on pourrait poser les questions suivantes :</p>



<p>Y a-t-il au Sénégal une culture de la convergence intersectorielle ? Autrement dit, les politiques éducatives, industrielles, agricoles, environnementales se parlent-elles ?</p>



<p>Y a-t-il une anticipation structurée des risques systémiques à venir : choc climatique, implosion du modèle urbain, dislocation de la famille, numérisation incontrôlée ?</p>



<p>Y a-t-il un lieu de convergence cognitive, un organe public de prospective nationale piloté par une élite épistémique, indépendante, pluridisciplinaire, capable de penser la transformation en dehors des calculs partisans ?</p>



<p>À ces questions, ma réponse est nuancée. Le Sénégal possède des têtes brillantes, des institutions compétentes, des ressources humaines remarquables. Mais la dynamique de transformation est souvent happée par une logique d’urgence politique, de gestion des chronoppositions et du combat contre le deep state. Le régime du réel étouffe le possible. Le souhaitable est caricaturé en rêve. Il n’y a pas encore une culture systémique de la convergence.</p>



<p>V. Penser le futur comme exigence d’intelligence collective</p>



<p>Le Sénégal ne pourra pas affronter les défis du XXIe siècle avec les instruments du XXe. L’État doit être pensé comme une plateforme d’intelligence collective, non plus comme un centre de commandement. Cela signifie redéfinir ses missions, ses structures, son rapport à la société civile, à la diaspora, aux territoires. Cela implique une refondation du pacte civique. Cela suppose aussi de réconcilier le pays avec sa propre capacité à penser depuis lui-même.</p>



<p>J’ai souvent écrit – et j’y insiste encore ici – que la prospective n’est pas un luxe universitaire. C’est un outil stratégique de souveraineté. Dans un monde en basculement, où les États-nations sont fragilisés, où les identités sont reconfigurées, où les technologies redessinent les rapports de force, un pays sans capacité anticipatoire est un pays à la merci des récits des autres.</p>



<p>Il est temps que le Sénégal se dote d’un Institut national de convergence stratégique, à la croisée des sciences sociales, de l’ingénierie, de la philosophie et de la géopolitique. Il est temps que les politiques publiques soient adossées à des grilles de modélisation prospective. Il est temps que les universités sénégalaises forment non seulement des diplômés, mais des architectes de futur.</p>



<p>Pour finir ce texte et rester dans le format de Facebook et de la capacité d&rsquo;absortion des internautes, je dirai, l&rsquo;instar de Léonard Cohen: il n’y a pas de remède à l’amour. Il n’y a pas de remède à l’attachement profond d’un homme à son pays. On peut s’en éloigner physiquement, mais chaque soubresaut de la nation réveille en nous une vibration ancienne. Répondre à la question « Où va le Sénégal ? », c’est d’abord répondre à un appel. Pas celui d’un programme électoral. Pas celui d’une mode académique. Mais celui d’une responsabilité ontologique : penser pour et avec le pays.</p>



<p>J’espère que les étudiants qui planchent sur ce sujet le feront avec sérieux, mais aussi avec gravité. Qu’ils comprennent que le futur ne se prédit pas : il s’imagine, se conçoit, se modélise, se désire. Et qu’il est de leur devoir — comme il fut du nôtre — de faire de ce pays une promesse tenue.</p>



<p>À propos de l’auteur</p>



<p>Dr. Moussa Sarr est, chercheur africain-canadien, établi au Canada, auteur de plusieurs travaux sur la transformation des sociétés contemporaines, la gouvernance cognitive, les modèles émergents de souveraineté numérique et les divers développements de la société noosphérique. Il est notamment connu comme l’auteur du concept de convergence anticipatoire, une grille d’analyse socio-stratégique appliquée aux États, aux institutions et aux systèmes cognitifs en mutation.</p>



<p>Auteur de l&rsquo;ouvrage Communautique et intelligence collective, il vit à Québec (Cap Rouge) où il dirige un Think tank de dernière génération sur la sociotique, la société noosphérique et le futur humain. Il a consacré les deux dernières décennies à théoriser et à expérimenter sur le terrain des dispositifs d’intelligence collective, notamment à travers Lachine Lab &#8211; l’Auberge Numérique, qui articulent souveraineté cognitive, résilience urbaine et relocalisation alimentaire dans une perspective post-anthropocénique.</p>



<p>Il est régulièrement invité dans les cercles scientifiques et politiques pour penser les transitions systémiques, les bifurcations historiques et les futurs désirables. Son travail s’inspire à la fois de la sociologie critique, de la pensée africaine décoloniale, et des méthodologies de la futurologie stratégique.</p>



<p>Publications clés à consulter:</p>



<p>Pour approfondir la notion de convergence anticipatoire et sa pertinence pour le Sénégal, les étudiants peuvent consulter les textes suivants :</p>



<p>« Le réarmement scientifique de l’Afrique » (2025) – Un billet mobilisant les figures d’Imhotep et Cheikh Anta Diop, dans lequel l’auteur expose comment la convergence anticipatoire peut réarmer épistémologiquement le continent africain dans un monde en crise.</p>



<p>« The Book of Eli et la souveraineté cognitive » (2025) – Une analyse des dispositifs de résilience post-apocalyptique et de transmission de savoirs dans un contexte de délitement mondial, à travers l’expérience du Food Lab et de la relocalisation alimentaire dans une démarche de convergence.</p>



<p>« Où va l’Amérique ? » (2025) – Une lecture géostratégique et ontologique de la crise des États-Unis après la guerre USA-Israël contre l’Iran, montrant comment la perte de convergence entre le régime du réel, du possible et du souhaitable entraîne un effondrement symbolique des nations.</p>



<p>« La Prison » (roman sociopolitique, en cours) – Bien que narratif, ce livre met en scène la critique systémique des institutions à travers la fiction, et mobilise la convergence anticipatoire dans le combat d’un homme contre les régimes de destruction paternelle.</p>



<p>Pour citation académique:</p>



<p>La convergence anticipatoire a été introduite pour la première fois dans ses travaux dès 2018, puis consolidée à travers ses expérimentations de terrain et ses publications entre 2021 et 2025. Les étudiants peuvent formuler ainsi leur référence :</p>



<p><strong>Dr. Moussa Sarr (Moise Sarr, sur FB), Communautique et intelligence collective, Presse Universitaire Européenne, 2019.</strong></p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le sommet du G7 au Canada se termine sans accord majeur après le départ anticipé de Donald Trump</title>
		<link>http://farafinanews.com/le-sommet-du-g7-au-canada-se-termine-sans-accord-majeur-apres-le-depart-anticipe-de-donald-trump/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Farafinanews]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Jun 2025 20:49:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Kananaskis]]></category>
		<category><![CDATA[sommet G7]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
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					<description><![CDATA[Le sommet de Kananaskis s&#8217;est conclu mardi soir par une déclaration générale dans laquelle les dirigeants du G7 ont unanimement convenu que l&#8217;Iran ne devait pas obtenir l&#8217;arme nucléaire, mais aucun accord concret n&#8217;a été annoncé sur les principales questions mondiales. Six dirigeants du Groupe des Sept &#8211; ou G7 &#8211; ont réaffirmé leur soutien [&#8230;]]]></description>
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<h2 class="wp-block-heading has-vivid-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-d9a7351f7a99e8fd74bca1b3350d190a">Le sommet de Kananaskis s&rsquo;est conclu mardi soir par une déclaration générale dans laquelle les dirigeants du G7 ont unanimement convenu que l&rsquo;Iran ne devait pas obtenir l&rsquo;arme nucléaire, mais aucun accord concret n&rsquo;a été annoncé sur les principales questions mondiales.</h2>



<p>Six dirigeants du Groupe des Sept &#8211; ou G7 &#8211; ont réaffirmé leur soutien à l&rsquo;Ukraine et appelé à la désescalade entre Israël et l&rsquo;Iran, mais ils ne sont parvenus à aucun accord significatif sur ces sujets et sur de nombreuses autres questions d&rsquo;actualité.</p>



<p>Le sommet, qui s&rsquo;est terminé mardi soir à Kananaskis, dans l&rsquo;État canadien d&rsquo;Alberta, a été quelque peu déraillé par&nbsp;<a href="https://fr.euronews.com/2025/06/17/trump-quitte-prematurement-le-sommet-du-g7"><strong>le départ anticipé</strong></a>&nbsp;du président américain Donald Trump la veille, en raison de l&rsquo;intensification du conflit israélo-iranien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des engagements sur les minerais essentiels et l&rsquo;intelligence artificielle</h2>



<p>Lors des sessions de clôture, le Premier ministre canadien Mark Carney, ainsi que les dirigeants du Royaume-Uni, de la France, de l&rsquo;Allemagne, de l&rsquo;Italie et du Japon, étaient accompagnés du chef de l&rsquo;OTAN Mark Rutte et du président ukrainien Volodymyr Zelensky.</p>



<p><em>« Nous avons besoin du soutien de nos alliés et je suis là »</em>, a déclaré ce dernier.&nbsp;</p>



<p><strong>Source : euronews</strong></p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le banquier Mark Carney, gestionnaire de crises, pour diriger le Canada face à Trump (Portrait)</title>
		<link>http://farafinanews.com/le-banquier-mark-carney-gestionnaire-de-crises-pour-diriger-le-canada-face-a-trump-portrait/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Farafinanews]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Apr 2025 15:33:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
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					<description><![CDATA[RFI Le Premier ministre canadien Mark Carney, qui a remporté les législatives ce lundi 28 avril, a l&#8217;habitude de naviguer dans la tempête. Cet ancien gouverneur de deux banques centrales devra maintenant affronter l’ouragan Trump, là où les Canadiens l’attendent avant tout. Il y a quelques mois encore, la voie semblait toute tracée pour permettre [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>RFI</strong></p>



<p>Le Premier ministre canadien Mark Carney, qui a remporté les législatives ce lundi 28 avril, a l&rsquo;habitude de naviguer dans la tempête. Cet ancien gouverneur de deux banques centrales devra maintenant affronter l’ouragan Trump, là où les Canadiens l’attendent avant tout.</p>



<p>Il y a quelques mois encore, la voie semblait toute tracée pour permettre aux conservateurs canadiens emmenés par Pierre Poilievre de revenir aux affaires, après dix ans de pouvoir de Justin Trudeau. Mais le retour de Donald Trump à la Maison Blanche et son offensive inédite contre le&nbsp;<strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/canada/">Canada</a></strong>, à coups de droits de douane et de menaces d&rsquo;annexion, ont changé la donne.</p>



<p>Face à cette nouvelle menace,&nbsp;<strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/mark-carney/">Mark Carney</a></strong>&nbsp;s’est imposé au fil des semaines comme le visage d’une opposition ferme et directe face à l’agressivité du grand voisin américain. Il a encore répété, lors de son discours de victoire, que le Canada allait «&nbsp;<em>gagner cette guerre</em>&nbsp;» contre les États-Unis. Ce novice en politique a donc réussi à convaincre les Canadiens que son expertise en matière économique et financière faisait de lui l&rsquo;homme de la situation pour piloter le pays plongé dans une crise inédite.</p>



<p>Avec<strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20250429-canada-les-lib%C3%A9raux-de-mark-carney-donn%C3%A9s-vainqueurs-des-l%C3%A9gislatives-projection-m%C3%A9dias"> la victoire de son parti aux législatives</a></strong>, il va devoir rapidement faire ses preuves face à Donald Trump. Un défi qu&rsquo;il assure pouvoir relever. « <em>Je suis plus utile en période de crise. Je ne suis pas très bon en temps de paix </em>», a-t-il confié récemment, sur un ton amusé, devant une petite assemblée dans un bar de l&rsquo;Ontario. L’économiste de 60 ans est en effet habitué à faire face aux tumultes de l’économie mondiale. </p>



<h2 class="wp-block-heading">À la tête de deux banques centrales</h2>



<p>Fils d’enseignants, né à Fort Smith dans les Territoires du Nord-Ouest, mais élevé à Edmonton dans cet ouest canadien plutôt rural et conservateur, Mark Carney est père de quatre filles et fan de hockey. Un sport qu&rsquo;il a beaucoup pratiqué, notamment comme gardien à l&rsquo;université. Diplômé de Harvard, il décroche un doctorat en économie à Oxford, avant de faire fortune en tant que banquier d&rsquo;affaires pendant treize ans chez Goldman Sachs, à New York, Londres, Tokyo et Toronto.</p>



<p>En 2008, en pleine crise financière mondiale, il est nommé gouverneur de la Banque du Canada par le Premier ministre conservateur, Stephen Harper. Son leadership est salué pour avoir permis au pays d’éviter le pire de la crise.&nbsp;Cinq ans plus tard, il est choisi par le Premier ministre britannique David Cameron pour diriger la Banque d&rsquo;Angleterre, devenant le premier étranger à la tête de l&rsquo;institution. Peu après, il est confronté aux turbulences provoquées par le vote du&nbsp;<strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/brexit/">Brexit</a></strong>. Une tâche accomplie avec «<em>&nbsp;conviction, rigueur et intelligence</em>&nbsp;», selon le ministre britannique des Finances de l&rsquo;époque, Sajid Javid.</p>



<p>Son bilan économique à la tête des institutions et sa gestion des crises sont vites devenus des arguments dans sa course à la tête du Parti libéral : «&nbsp;<em>J&rsquo;ai aidé à gérer plusieurs crises et j’ai aidé à sauver deux économies. Je sais comment les affaires fonctionnent et je sais comment les faire fonctionner pour vous&nbsp;</em>», avait déclaré au début de sa campagne celui qui a parfois été surnommé «&nbsp;<em>la rock star des banques centrales</em>&nbsp;» par la presse spécialisée.</p>



<p>Cela faisait des années que les rumeurs annonçaient son entrée en politique. Mais c&rsquo;est seulement début janvier, après la démission de&nbsp;<strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/tag/justin-trudeau/">Justin Trudeau</a></strong>&nbsp;&#8211; dont il a été le conseiller économique durant la crise du Covid &#8211; qu&rsquo;il décide de se jeter dans l&rsquo;arène. Jusque-là, ce catholique pratiquant était président des investissements d’une entreprise canadienne de gestion d&rsquo;actifs et l’envoyé spécial des Nations unies pour le financement de l’action climatique depuis 2020.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;homme du moment face à Trump</h2>



<p>Ayant conquis le PLC début mars en se présentant comme un «&nbsp;outsider&nbsp;», il devient Premier ministre et déclenche des élections dans la foulée. Il&nbsp;<strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20250323-l%C3%A9gislatives-anticip%C3%A9es-au-canada-mark-carney-veut-un-mandat-fort-pour-faire-face-%C3%A0-donald-trump">veut un «&nbsp;<em>mandat fort et clair&nbsp;</em>»&nbsp;</a></strong>pour faire face aux menaces de Donald Trump, qui cherche à «<em>&nbsp;briser&nbsp;</em>» le pays. Le locataire de la Maison Blanche, en plus d’imposer des droits de douanes à son allié historique, ne cesse de répéter &#8211; y compris le jour même du scrutin &#8211; que le destin du Canada est&nbsp;<strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20250309-canada-mark-carney-%C3%A9lu-%C3%A0-la-t%C3%AAte-du-parti-lib%C3%A9ral-et-prochain-premier-ministre">de devenir «<em>&nbsp;le 51e État américain&nbsp;</em>»</a></strong>.&nbsp;</p>



<p>Mark Carney a basé toute sa campagne sur sa capacité à affronter ces obstacles et à jouer les négociateurs en chef, surfant&nbsp;<strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-international/20250427-au-canada-un-boycott-des-%C3%A9tats-unis-%C3%A0-l-%C3%A9chelle-individuelle">sur le patriotisme et la colère des Canadiens</a></strong>&nbsp;indignés par les mesures et les propos du grand voisin. Reste maintenant à voir s’il pourra honorer ses promesses et relever les défis qui l’attendent. Car c’est un véritable pari pour quelqu&rsquo;un sans expérience politique, qui n&rsquo;a jamais mené de campagne et qui a pris les rênes d&rsquo;un parti plombé par l&rsquo;impopularité de Justin Trudeau en fin de mandat.&nbsp;</p>



<p>Beaucoup d&rsquo;analystes s&rsquo;interrogeaient sur sa capacité à retourner la situation, alors que de nombreux Canadiens tenaient les libéraux pour responsables de la forte inflation et de la crise du logement dans le pays. Mais «<em>&nbsp;Mark Carney est parvenu à imposer l&rsquo;idée qu&rsquo;il représente le renouveau et que son expérience passée de gouverneur de la Banque du Canada et de la Banque d&rsquo;Angleterre lui donne une expérience pour être en mesure d&rsquo;affronter Donald Trump&nbsp;</em>», explique Frédéric Boily, professeur de sciences politiques à l&rsquo;université de l&rsquo;Alberta, au micro de RFI.&nbsp; «<em>&nbsp;Sur ce plan, il est parvenu à imposer cette thématique et, par conséquent, certains voient en lui comme une sorte de sauveur pour, éventuellement, faire reculer Donald Trump&nbsp;</em>», poursuit le spécialiste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un profil rassurant</h2>



<p>Peu charismatique, à l&rsquo;opposé de l&rsquo;image flamboyante de Justin Trudeau à ses débuts, il semble que c&rsquo;est justement son sérieux et son CV qui ont finalement convaincu une majorité de Canadiens. Malgré quelques coups de com&rsquo; et un peu de buzz durant sa campagne, «&nbsp;c<em>&lsquo;est un technocrate un peu ennuyeux, qui pèse chacun de ses mots&nbsp;</em>», explique Daniel Béland de l&rsquo;Université McGill de Montréal à l’AFP.&nbsp;</p>



<p>Mais aussi «<em> un spécialiste des politiques publiques qui maîtrise très bien ses dossiers</em> ». « <em>Ce profil rassure et répond aux attentes des Canadiens pour gérer cette crise </em>», ajoute Geneviève Tellier, professeure de sciences politiques à Ottawa, qui estime que le pays « <em>est à la recherche d&rsquo;un sauveur </em>». La presse canadienne le décrit comme un homme d’action, « <em>un peu secret </em>», pragmatique et cartésien, qui se sait «<em> impatient </em>». </p>



<p>Son principal opposant, le conservateur Pierre Poilievre, l&rsquo;avait décrit comme un membre de « <em>l&rsquo;élite qui ne comprend pas ce que vivent les gens ordinaires </em>», analyse Lori Turnbull, professeure à l&rsquo;université Dalhousie. Mais le ton populiste du candidat du PCC semble l’avoir desservi, rappelant trop celui de Trump, devenu une figure repoussoir pour de nombreux électeurs. Par ailleurs, Mark Carney ne s’en est pas caché durant la campagne : «<em> On va m&rsquo;accuser d&rsquo;être “élitiste” ou “mondialiste”, mais le fait est que c&rsquo;est exactement ce dont nous avons besoin </em>», prévenait-il.</p>



<p>Lui qui se définit centriste a coupé l’herbe sous le pied des conservateurs et pris ses distances avec l’aile gauche de son parti, en assumant un virage à droite. Limiter l’immigration, renouer avec l’équilibre budgétaire, rendre la dépense publique «&nbsp;<em>plus efficace</em>&nbsp;»&#8230;. Et recul non des moindres : l’abandon de la taxe carbone, une mesure environnementale phare du gouvernement Trudeau, dont il était un fervent défenseur jusque-là.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Reste un sujet qui semble lui faire perdre son flegme&nbsp;: la question de son patrimoine. Selon Bloomberg, il disposait en décembre des stock-options pour plusieurs millions de dollars. Et ses rares échanges tendus avec des journalistes pendant la campagne ont concerné cette fortune personnelle. Autre ombre au tableau : sa maîtrise chancelante du français, dans un pays où le bilinguisme est un sujet sensible. Mais les Canadiens l’attendent avant tout sur le ring face à Trump, dans un match qui s&rsquo;annonce sans concessions.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
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